Rejoindre la caravane

Quentin Saboureau et Orane Janvier : comment transformer ses abonnés en clients ?

Dans le monde pro, on te répète qu’il faut dix ans d’expérience minimum pour être légitime. La moyenne d’âge du plateau est de 27 ans, et nos deux invités sont plus visibles que des gens qui font le métier depuis vingt ans.

On reçoit Quentin Saboureau, alias Q-SEO, et ses 250 000 abonnés cumulés sur Instagram, TikTok et YouTube. À côté de lui, Orane Janvier fait 100 % de son activité par LinkedIn et sa newsletter de 37 000 abonnés. On a ouvert leurs tunnels de conversion étape par étape, on s’est frottés à l’IA dans l’écriture, et tous les deux racontent pourquoi ils remettent des événements physiques au planning.

L’épisode en un coup d’œil
Sorti le
4 septembre 2026
Durée
48 minutes
Lieu d’enregistrement
Dans le cadre du SEO Summit, à Paris
Langue
Français
Invités
Quentin Saboureau (Q-SEO) et Orane Janvier (Produscale)
Lecture
5 min

L’épisode en 5 points

  • Quand Quentin Saboureau demande l’abonnement à voix haute en fin de vidéo, deux à trois fois plus de gens s’abonnent. Il précise quand même que l’accroche du début compte davantage que ce CTA.
  • Sur Instagram, les stories convertissent mieux que les Reels, parce qu’elles touchent une base d’abonnés qui a déjà consommé le contenu.
  • Une vidéo qui perce hors de ta niche te ramène des abonnés qui n’interagiront plus jamais, et tout le compte redescend derrière. Un post à 10 000 vues avec un bon lead magnet remplit mieux une base d’emails.
  • Un post de storytelling ne vend rien tant qu’il ne relie pas l’histoire au problème du client et à l’offre qui le règle. Branche les deux et le même post ramène de la visibilité et des ventes.
  • Quentin Saboureau tourne tous ses contenus courts sur une seule journée par semaine, et c’est comme ça qu’il tient le rythme. Le matin, il n’écrit que ses accroches, jamais le script entier.

En SEO, on devient légitime en montrant des résultats, pas en comptant ses années

Le milieu du SEO reproche volontiers aux jeunes créateurs leur manque d’ancienneté. Orane Janvier a une réponse simple. Elle a appliqué sa méthode sur son propre compte, puis chez des clients, et ça a marché les deux fois. Le reproche porte aussi sur les raccourcis, parce qu’un contenu SEO grand public ne peut pas entrer dans le détail d’un algorithme. Quentin Saboureau l’assume et le dit sans détour : il n’apprendrait rien en regardant ses propres vidéos. Sa cible, ce sont les gens qui ont un site web et qui veulent faire un peu de SEO eux-mêmes.

Sur Instagram, les stories convertissent mieux que les Reels dans un tunnel d’acquisition

Les Reels servent la prospection large et touchent des gens qui ne connaissent pas encore le compte. Les stories parlent à des abonnés qui ont déjà consommé le contenu, donc la preuve sociale et l’offre y passent mieux. Dès qu’il glisse une offre dans un Reel, les gens décrochent. Moins de commentaires, donc moins de vues, et le post retombe. Le tunnel de Quentin Saboureau enchaîne quatre étapes.

  • Il finit sa vidéo en envoyant vers un lead magnet, avec un mot précis à écrire en commentaire.
  • ManyChat, branché sur Instagram et Facebook, envoie un message privé automatique à qui commente.
  • Un formulaire Tally gratuit récupère le besoin, l’URL du site, le numéro de téléphone et l’email.
  • La conversation continue en messages privés avec des vocaux pré-enregistrés, sans appel de vente.

La prestation SEO pure fait exception, parce qu’elle demande un appel téléphonique pour conclure. Sur LinkedIn, Orane Janvier place un CTA vers un rendez-vous à la fin de ses posts d’expertise. Un formulaire trie la personne, puis elle reçoit la séquence email qui correspond à son profil, et la newsletter hebdomadaire continue en parallèle.

En acquisition, un post à 10 000 vues rapporte parfois plus de clients qu’une vidéo virale

Une vidéo de Quentin Saboureau sur ChatGPT et les données personnelles a dépassé les trois millions de vues. Elle a ramené des abonnés hors cible, qui n’ont plus jamais interagi ensuite, et la portée du compte en a souffert. Deux semaines avant l’enregistrement, un post à 200 000 vues avec un lead magnet vers son SaaS a rapporté 600 adresses email. D’autres posts plafonnent à 10 000 vues et remplissent son Skool de vingt abonnés dans la foulée. Quand il partage des prompts SEO, il n’attire que des gens qui font du SEO. Ceux-là achètent, parce qu’ils sont venus pour ça.

Face au contenu produit par l’IA, les afterworks redeviennent un canal d’acquisition

Orane Janvier refuse d’écrire ses posts LinkedIn avec une IA. Elle a essayé pendant deux semaines et a trouvé le résultat trop peu créatif. Produscale organise des afterworks partout en France, où vendre aux participants n’est pas autorisé. L’objectif affiché reste de trouver des collègues de travail et de construire une communauté. Personne ne vend, et pourtant des participants finissent par prendre un appel avec elle. Quentin Saboureau observe le même retour au physique et pousse davantage le SEO local. À Paris, les groupes de rencontres autour du running, de la lecture ou de la poterie se remplissent.

Les citations à retenir

« Je l’ai mis en place pour moi, ça a fonctionné. Je l’ai mis en place pour des personnes, ça a fonctionné. À partir du moment où tu fais tes preuves, je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas être légitime. »

Orane Janvier, Next Gen Le Talk

« De mon expérience, mes meilleurs posts en termes de vues, ce sont mes pires posts en termes de business pur. »

Quentin Saboureau, Next Gen Le Talk

« Si je ne dois lire que de l’IA, je pars de LinkedIn. Quand tu prends vraiment le biais de l’humain, tu te différencies naturellement. »

Orane Janvier, Next Gen Le Talk

Les invités et les voix du podcast

Quentin Saboureau, invité de Next Gen Le Talk
Consultant SEO, créateur de contenu et fondateur d’izyLocal

Quentin Saboureau

Quentin Saboureau, alias Q-SEO, est consultant SEO et créateur de contenu. Il fait du web depuis huit ans, dont un passage chez Tictactrip où il se battait contre BlaBlaCar, la SNCF et Flixbus sur les mêmes requêtes.

Depuis 2023, il vulgarise le SEO en vidéo verticale et cumule plus de 250 000 abonnés sur TikTok, Instagram et YouTube. Ses contenus visent les gens qui gèrent eux-mêmes le référencement de leur site, loin des conférences pour experts.

Il a fondé izyLocal, un SaaS de visibilité sur Google Maps, ainsi qu’une école SEO en ligne. Il accompagne aujourd’hui des consultants, des agences et des indépendants sur leur acquisition organique.

Orane Janvier, invité de Next Gen Le Talk
Cofondatrice de Produscale

Orane Janvier

Orane Janvier est cofondatrice de Produscale, la structure d’accompagnement des freelances construite autour de la méthode S.C.A.L.E. Plus de 320 freelances y sont passés, avec une note moyenne de 4,9 sur 5.

Étudiante en droit devenue indépendante, elle lance son activité en 2023 et atteint 10 000 euros par mois en trois mois. Son acquisition passe à 100 % par LinkedIn, où elle rassemble environ 37 000 abonnés, et par sa newsletter.

Elle écrit tous ses contenus sans IA et défend ce parti pris publiquement. Avec son associé, elle organise des afterworks pour freelances partout en France.

Camille Dufossez, au micro de Next Gen Le Talk
Host

Camille Dufossez

Camille Dufossez est la fondatrice de L’École du SEO, pour devenir autonome sur le référencement de ton site grâce à l’accompagnement individuel d’un expert dédié à ton projet.

Conférencière au style accessible et concret, elle est notamment intervenue sur la scène du TEDx Paris et dans différentes éditions du SEO Summit. Elle co-anime Next Gen Le Talk avec Nelly Kempf.

L’interview de Quentin Saboureau et Orane Janvier

Transcription éditée pour la lisibilité.

[Générique] Bienvenue à toi dans Next Gen Le Talk, le podcast qui parle SEO et référencement web, mais surtout de tous les canaux de visibilité en ligne. Si tu as des bases en SEO et que tu veux relier ça au branding et à l’acquisition multicanale, c’est ici que ça se passe avec nos invités. Alors je te laisse avec l’épisode du jour.

00:24Faut-il dix ans d’expérience pour être légitime en SEO ?

Camille Dufossez : Dans le monde pro, apparemment, il faut dix ans d’expérience minimum pour être légitime. Si tu as un an d’expérience et que tu te présentes comme un expert, apparemment, tu es une grosse arnaque. Ça tombe bien, parce que la moyenne d’âge du plateau aujourd’hui, c’est 27 ans. Autant vous dire qu’on a les bons invités pour traiter de ce sujet. Ils n’ont pas vingt ans d’expérience, mais ils ont certainement une visibilité bien plus importante que des personnes qui font le métier depuis vingt ans. Bienvenue sur Next Gen Le Talk, je suis Camille Dufossez, fondatrice de L’École du SEO. J’ai accompagné des centaines de personnes dans un métier qui est en train d’évoluer un petit peu. Ça s’appelle le SEO, ou autrement dit, comment être visible partout où les gens vous recherchent. Et aujourd’hui, le SEO, ce n’est plus seulement se positionner sur une URL de site web. Le SEO, c’est aussi du branding, de l’influence, des IA, et c’est exactement la raison d’être de ce format. Notre métier est beaucoup plus large que ce qu’il a été, et le concept est simple : on invite des gens qui font partie de deux mondes complètement différents, qui à l’origine n’auraient jamais dû discuter entre eux, mais qui finalement ont beaucoup en commun.

Camille Dufossez : Et j’ai les meilleurs invités pour ça. À ma gauche, Quentin Saboureau, alias Q-SEO sur Instagram, TikTok et tous les réseaux possibles et imaginables, plus de 250 000 abonnés cumulés, rien que ça, le jeune homme. Et surtout, Quentin, c’est premier sur le mot-clé BlaBlaCar, devant BlaBlaCar. C’est Nabilla dans ses messages privés. C’est aussi des projets qui cartonnent pour des marques, notamment pour Cyrilmp4. Donc il n’est pas novice sur ces sujets. Et puis à ma droite, nous avons Orane Janvier, 100 % de son business sur LinkedIn et sa newsletter, avec 37 000 abonnés. Douze millions de vues sur LinkedIn, quand même. Et Orane, c’est surtout quelqu’un qui a quitté son job en 2023 et qui, trois mois après, faisait 10 000 euros grâce à LinkedIn. Merci à tous les deux d’être là. En plus, on a un super décor, puisqu’on se retrouve aujourd’hui sur une péniche sur la Seine pour tourner cet épisode, à l’occasion du SEO Summit.

02:29Faire ses preuves sur soi avant de vendre la méthode à des clients

Camille Dufossez : Sans plus attendre, je vais attaquer dans les sujets. Et vous l’avez compris avec mon intro, j’ai un peu envie de vous attaquer avec la moyenne d’âge du plateau. Parce que finalement, aujourd’hui, vos chiffres parlent pour vous. Vous avez construit une légitimité et une crédibilité, et pourtant vous n’avez pas dix ans d’expérience sur le sujet. Du coup, qu’est-ce qu’on répond à ceux qui disent qu’on n’est pas légitime quand on a un an d’expérience ?

Quentin Saboureau : J’avoue que je pense qu’on ne m’a jamais vraiment posé la question. Ça dépend du sujet sur lequel tu interviens. Mais le monde évolue tellement que moi, je ne ferais pas confiance à quelqu’un pour mes réseaux, par exemple, qui n’est pas de ma génération. Ça n’a aucun sens.

Camille Dufossez : Et toi qui t’es lancée, en deux ans, tu as décollé sur LinkedIn. Est-ce que ça a été un sujet ? Comment tu as fait pour te positionner en tant qu’experte à 24 ans, alors que tu viens d’études de droit et que tu ne viens pas historiquement du marketing ? Aujourd’hui, tu travailles sur toute la partie acquisition, tunnel de vente et conversion.

Orane Janvier : Je pense que c’est assez simple. Je l’ai mis en place pour moi, ça a fonctionné. Je l’ai mis en place pour des personnes, ça a fonctionné. Du coup, à partir du moment où tu fais tes preuves, je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas être légitime.

04:43Les insultes, le syndrome de l’imposteur et le lancement sur TikTok

Camille Dufossez : Et c’est intéressant, parce que dans le monde du SEO, ils ne sont pas tendres. Qu’on se le dise face caméra, vous n’êtes pas tendres. Certains d’entre vous, en tout cas. Moi, clairement, quand j’ai commencé en SEO et que j’ai commencé à avoir un peu de visibilité à mon niveau sur LinkedIn, qui n’a rien à voir avec ton niveau sur Instagram et tous les autres réseaux, je me suis fait insulter. Vraiment insulter. Toi, est-ce que c’est un truc que tu as aussi subi ou pas ?

Quentin Saboureau : J’ai eu des retours un peu mauvais de certaines personnes, parce que je prends des raccourcis dans mes vidéos, principalement par rapport à ça. Au début, ça m’impactait un petit peu. Très rapidement, j’ai arrêté de regarder, ou alors je réponds aux trolls. En vrai, comme le disait Orane, à partir du moment où tu fais tes preuves, que tu as des résultats et que tu arrives à en avoir pour tes clients, tu deviens pertinent aussi. Donc je ne fais pas trop attention à ce genre de choses. Mais j’ai eu beaucoup ce syndrome de l’imposteur au début, parce que, comme tu le disais en intro, je travaillais chez Tictactrip, j’étais en CDI, je faisais du SEO. À la base, je voulais lancer ma chaîne YouTube. J’avais commencé à faire les scripts et au final, syndrome de l’imposteur, je ne l’ai jamais fait. Trois ans après, j’ai lancé TikTok sur un coup de tête, vraiment. J’ai vu qu’il y avait une vidéo aux États-Unis qui marchait. Je me suis dit OK, je teste. Il y en avait un seul qui le faisait, c’était Dimitri Ajon. Big up à lui. Et ça a marché dès le début. 10 000 vues, 20 000 vues. Je me suis dit OK, on continue. Du coup, j’ai capitalisé dessus, j’ai itéré, et j’étais le seul à le faire parce que Dimitri a arrêté à un moment, et ça me ramenait des leads.

Camille Dufossez : Ton premier réseau, ça a été TikTok. Et pourquoi tu as choisi TikTok ?

Quentin Saboureau : Je n’ai pas tant choisi. En fait, je consommais TikTok. Je voyais qu’il y en avait qui rankaient beaucoup, surtout en période de Covid.

Camille Dufossez : Tu as commencé en quelle année ?

Quentin Saboureau : J’ai commencé il y a trois ans et demi, c’était en 2023, je crois. Je parlais de SEO, et ça rankait très vite et très fort sur TikTok. J’ai passé beaucoup de temps à comprendre l’algorithme. Un truc de SEO, au final, que j’ai appliqué à TikTok. Au fur et à mesure, j’ai lancé d’autres comptes pour comprendre ce qui pouvait marcher ou pas. Et à partir du moment où j’avais des vidéos TikTok qui marchaient, j’ai publié partout. Facebook, Instagram, partout.

07:07Une seule vidéo publiée sur TikTok, Instagram et Facebook

Camille Dufossez : Et telle quelle, c’est-à-dire que tu reprenais exactement la même vidéo TikTok, copier, coller, envoyer dans Instagram par exemple ?

Quentin Saboureau : Mon process, c’est toujours le même. Je fais mon montage sur CapCut, encore aujourd’hui, tout à l’heure j’en faisais un. Je publie sur TikTok, je publie sur Instagram, ça publie sur Facebook, ça publie partout. Tout part de TikTok.

Camille Dufossez : Tes vidéos, elles sont censées apprendre à faire du SEO ou apprendre à ranker sur TikTok ?

Quentin Saboureau : Moi, je fais tout pour le SEO sur les sites web.

Camille Dufossez : Tu dis SEO, et pas SEO. Tu le prononces à la française ou à l’anglaise ?

Quentin Saboureau : Ouais, tout dépend. Et sur mon contenu, maintenant, je tourne beaucoup plus autour des prompts et des outils. Ce sont des sous-thématiques, mais qui restent intéressantes pour les personnes qui veulent faire du SEO. Elles apprennent qu’il existe tel outil, que tu peux faire ça avec tel prompt, telle IA. Et derrière, je l’intègre dans ma stratégie, et c’est comme ça que j’ai des clients.

Orane Janvier : Pour revenir à ce que vous disiez au début, vous vous êtes fait lyncher un peu par les anciens, si on peut dire ça comme ça. Est-ce que c’est parce qu’ils ont peur pour leur job ? Avec l’avancée de l’IA, tu ne peux plus dire « j’ai vingt ans d’expérience », parce que l’IA, c’est récent. J’ai un ami qui a une agence SEO, donc on regarde ces éléments-là de près. Si tu ne maîtrises pas l’IA dans le SEO aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est moins pertinent qu’avant, non ?

09:23Vulgariser le SEO oblige à des raccourcis que les experts n’acceptent pas

Camille Dufossez : Moi, je pense que ce qui pose problème à ces anciennes générations de SEO, en tout cas la manière dont je l’analyse, c’est peut-être une frustration. Se dire qu’on a compris quelque chose sur la visibilité plus large, qu’eux n’ont pas forcément compris, ou sur lequel ils ne sont pas à l’aise de s’adapter. L’autre chose, c’est que quand tu fais du contenu grand public sur un métier d’expertise, tu fais des raccourcis pour parler à tout le monde. Tu vas dire parfois des généralités ou des choses moins précises, parce qu’on n’est pas sur une conférence ou une masterclass. On est en train d’éduquer sur un métier qui est technique. Si on veut parler au grand nombre, toucher du monde et avoir des abonnés, tu ne peux pas rentrer dans les sujets profonds. Ce n’est pas la place. Ça les fait tiquer, parce qu’ils disent que c’est imprécis.

Quentin Saboureau : Moi, j’ai deux sujets. Le premier, c’est que j’avais fait une conférence l’année dernière où un mec est venu me voir et m’a dit : tu m’as déclenché sur telle vidéo, parce que tu faisais un raccourci énorme. Sauf que le but, c’est de démocratiser et de faire comprendre un peu à tout le monde, à toutes les personnes qui ont un site web, comment ils peuvent faire un peu de SEO eux-mêmes. Du coup, tu es obligé de faire des raccourcis, et forcément ça ne va pas plaire à ceux qui sont vraiment experts. Même moi, je ne consommerais pas mon contenu en tant qu’expert SEO. Je ne vais rien apprendre avec mes propres vidéos. Je m’adresse beaucoup plus à la masse, entre guillemets.

Quentin Saboureau : L’autre point, c’est qu’historiquement, ils aimaient bien creuser les algorithmes et trouver le petit hack. Mais aujourd’hui, ce n’est plus trop ça qui fait le SEO. Moi, je fais beaucoup de SEO via les réseaux sociaux, et c’est un des canaux qui va booster mon site. Il y en a qui arrivent à prendre le pas dessus, mais beaucoup n’ont pas voulu sortir de Google. Je pense qu’il y a cette frustration-là.

Camille Dufossez : Ça me donne envie de rebondir direct, parce que c’est super intéressant. Justement, toi, tu as creusé les réseaux sociaux.

Quentin Saboureau : Avec une démarche SEO, c’est ça.

Camille Dufossez : Avec une démarche SEO, tu as creusé les réseaux sociaux. Et pourquoi tu les as choisis comme canal ? Qu’est-ce qui t’a donné envie d’aller sur les réseaux et pas sur un site web, ou sur les canaux traditionnels, ou du YouTube classique ? C’est plus une opportunité qui s’est ouverte ? Parce que de par ton métier, on pourrait croire que tu aurais été sur d’autres canaux, pas TikTok.

Quentin Saboureau : Sur TikTok, j’ai vu un potentiel de viralité énorme, c’est pour ça que je me suis dit OK, let’s go, je vais tester. Et TikTok me rapportait des leads, et il n’y avait personne. J’étais tout seul. J’étais dans un océan bleu et j’étais un requin.

Camille Dufossez : Tout seul sur ta niche.

Quentin Saboureau : Exactement. Au tout début, quand j’ai commencé à créer du contenu, le but c’était vraiment d’éduquer, d’informer. Je n’avais aucune vocation à vendre, parce que j’étais en CDI. Mais je faisais des petites vidéos, et c’est l’autre raison pour laquelle j’ai fait du TikTok : j’aimais bien le format vertical, où tu parles, tu expliques un truc, tu montres un peu ton écran. Tu es libre de faire ce que tu veux, et c’est dynamique.

11:42Pourquoi LinkedIn plutôt que la vidéo quand on démarre ?

Quentin Saboureau : Du coup, tout le monde peut consommer ça facilement. C’est ce côté-là que j’aimais bien dans la création de contenu, et ça s’est fait comme ça, au fur et à mesure.

Camille Dufossez : Et ça a été facile pour toi de commencer à créer du contenu ?

Quentin Saboureau : Non. Allez voir ma toute première vidéo, elle est toujours sur mon compte TikTok, c’est hardcore. Je la laisse pour qu’on sache que je pars de là.

Camille Dufossez : C’est bien, vraiment, parce que je sais qu’il y a plein de gens qui ont peur de se lancer. Tu te dis que quand tu fais du contenu vidéo, tu dois montrer ton visage. La vidéo, c’est tellement plus difficile que LinkedIn, pour le coup. Est-ce que c’est pour ça que tu as choisi LinkedIn, toi ?

Orane Janvier : J’avais la flemme de scripter, monter, recommencer, tourner, voir ma tête sur mon fil. C’était hors de question.

Camille Dufossez : Et c’est un enjeu pour toi de développer la vidéo ?

Orane Janvier : Ouais, ça fait un an que je dois le faire. Un jour, un jour. Je ne prends pas le temps de le faire. Flemme.

Camille Dufossez : Et aujourd’hui, tu as choisi LinkedIn uniquement parce que c’est un format plus simple pour toi à traiter au quotidien et que tu savais que tu allais pouvoir être plus consistante ? Ou il y a eu d’autres raisons qui t’ont fait choisir LinkedIn ?

Orane Janvier : Au début, c’était ça, la première chose. Ensuite, sur la niche où on s’était développé avec mon associé, il n’y avait personne de vraiment présent sur LinkedIn qui proposait ça. On s’était dit qu’il y avait un boulevard.

Camille Dufossez : Un petit océan bleu, aussi.

Orane Janvier : C’est ça.

Camille Dufossez : Sur LinkedIn, tu as une stratégie où tu te montres beaucoup, avec beaucoup de personal branding. C’est quoi, les différentes typologies de contenu que tu publies ?

Orane Janvier : Comme tout le monde, je pense que c’est pareil sur TikTok. J’ai du contenu personal branding, mon storytelling, le truc que tout le monde déteste sur LinkedIn. J’ai du contenu expertise, et j’ai du contenu de vente, où je montre les résultats de mes clients.

Camille Dufossez : Est-ce que tu fais le même engagement sur toutes les typologies de contenu ? Le nombre d’impressions, de likes, de commentaires ?

Orane Janvier : Non, forcément. Mes posts de vente font moins de vues. Je m’en fiche, parce que je ne m’adresse pas aux mêmes personnes.

Camille Dufossez : Et proportionnellement, c’est moitié moins de vues ?

Orane Janvier : Ça dépend. Si c’est un client que beaucoup de gens ont vu passer sur leur fil LinkedIn, ils vont s’arrêter parce qu’ils vont se dire que c’est avec eux qu’ils ont travaillé. Et si les résultats sont incroyables, il y a un peu plus de vues. Mais je n’ai jamais regardé. Peut-être moitié moins, je ne sais pas.

Camille Dufossez : Et toi, c’est une stratégie similaire ?

Quentin Saboureau : C’est marrant, je ne segmente pas du tout mes posts, c’est que du conseil. C’est quasiment que ça, des outils ou des astuces. Je ne fais quasiment pas de preuve sociale. Je ne fais pas de contenu qui a vocation à vendre.

14:04Le tunnel d’acquisition Instagram branché sur ManyChat

Quentin Saboureau : Je fais que du lead magnet, je récupère des emails. Soit ils remplissent mon formulaire via ma newsletter, via mes vidéos YouTube. À force de les matraquer, au bout d’un moment, ils remplissent mon formulaire. Soit les contenus qui convertissent le mieux chez moi sur Instagram, ce sont mes stories.

Camille Dufossez : OK, donc des stories en mode « si tu veux développer ça, si tu veux faire ça, commente tel mot » ?

Quentin Saboureau : Je leur mets mon formulaire directement en message privé Instagram.

Camille Dufossez : Et après, ça s’appelle comment ? ManyChat. J’allais dire WeChat, mais à chaque fois je les confonds. WeChat, c’est le réseau social chinois, c’est ça ? Donc tu as un ManyChat qui est branché avec ton compte TikTok et Instagram ?

Quentin Saboureau : Facebook et Instagram. TikTok, c’est en bêta, tu n’as pas les droits avec le RGPD en France actuellement. J’aimerais bien, mais ça ne marche pas.

Camille Dufossez : Comme vous pouvez le voir, j’ai beaucoup de progrès à faire. Donc les gens commentent, et quand ils commentent, ça leur envoie un message automatiquement ?

Quentin Saboureau : Exactement.

Camille Dufossez : Là, en ce moment, pendant qu’on parle, il y a des leads qui arrivent. Tu aurais dû laisser ta sonnerie de téléphone activée pour qu’on entende.

Quentin Saboureau : J’ai coupé toutes les notifications.

Camille Dufossez : Et donc toi, tu dis que les gens convertissent beaucoup plus sur les stories que sur les Reels.

Quentin Saboureau : Les stories, c’est sur ta base d’abonnés, du coup tu peux vraiment les convertir. Là, je fais un peu de preuve sociale, avec « j’ai eu tel résultat en SEO ». Je les convertis vraiment à cet endroit. Les posts et les Reels, c’est vraiment de la prospection large. Ça touche mes abonnés, qui eux vont consommer tout le temps, prendre les astuces, me laisser leur email. Et à partir du moment où ils ont laissé leur email, j’ai tout un système sur ManyChat qui vient les qualifier. Je récupère leur URL de site, leur numéro de téléphone, leur adresse mail.

Camille Dufossez : Bientôt leur adresse physique. Leur groupe sanguin.

Quentin Saboureau : Je peux tout récupérer, finalement. Et ça fait tout mon tunnel. En gros, j’ai un Tally à la base. Mon formulaire, c’est un Tally gratuit où je prends tous leurs besoins. Est-ce que tu as besoin de SEO, de fiche Google ? Et du coup, je fais tout en message privé Instagram. Le mec m’envoie son numéro en message privé Instagram.

16:04Vendre sans appel de vente, avec des vocaux pré-enregistrés

Quentin Saboureau : Il m’envoie son URL de site en message privé Instagram.

Camille Dufossez : Et c’est une conversation qu’ils ont avec toi ?

Quentin Saboureau : C’est une conversation. J’envoie des vocaux. Enfin, j’ai pré-enregistré des vocaux, je ne parle pas en direct.

Camille Dufossez : Incroyable. Mais après, il y a un appel de vente ou pas ? Un envoi de devis ?

Quentin Saboureau : Non, jamais. Enfin, ça dépend des typologies. J’ai une activité Skool, ils rentrent direct. Par exemple, sur de la prestation SEO pure, je suis obligé de les avoir au téléphone, je suis obligé de les closer derrière. Mais ce sont des mecs qui ont consommé tout mon contenu, ils sont super chauds.

Camille Dufossez : Et par contre, tu ne fais jamais de CTA direct sur tes Reels ?

Quentin Saboureau : Ce sont des CTA pour un lead magnet, pour récupérer une vidéo YouTube, une ressource.

Camille Dufossez : Donc tu leur dis voilà l’astuce, et à la fin, si tu veux avoir toutes les astuces, il faut que tu commentes.

Quentin Saboureau : C’est ça, exactement. Et parfois, il y en a qui poussent vers mon Skool, d’autres vers mon YouTube. Ça dépend.

Camille Dufossez : Et ton Skool, c’est pour du B2C ou du B2B ?

Quentin Saboureau : Il y a les deux. J’ai des consultants SEO, j’ai des mecs qui travaillent en agence, qui ont des clients et qui veulent un regard extérieur de notre part. Et j’ai des personnes qui ont leur activité, leur petit site passion, et qui veulent vendre un peu plus.

Camille Dufossez : Et tu vendais des heures de consulting ou pas ?

Quentin Saboureau : J’en vendais, mais tout passe dans le Skool maintenant. Si je fais de la formation, je fais des lives dans le Skool. Tout passe dedans. Comme ça, j’ai un package global.

Camille Dufossez : Et en story, le mécanisme, parce que tu disais que la story convertissait mieux que les Reels, c’est-à-dire que tu as plus de gens qui rentrent dans ton tunnel de conversion ?

Quentin Saboureau : Ce sont les abonnés que tu touches directement en story. Du coup, je suis sûr qu’ils ont consommé mon contenu. Et c’est moins agressif que si tu es dans un Reel et que je te pousse mon offre de vente derrière. Ça peut tuer aussi mon CTA, donc mon engagement, donc la portée de mon post à terme. C’est pour ça que je ne le fais pas.

Orane Janvier : C’est intéressant d’avoir ton retour, parce que moi, je me mets à Instagram seulement maintenant. Je fais les petites vidéos, on essaye. Pour moi, c’est un tout nouveau monde et ça n’a rien à voir avec LinkedIn. Et moi, c’est comme toi : j’ai commencé LinkedIn en étant salariée, je n’avais aucun enjeu, et je créais du contenu parce que ça me faisait plaisir. Mon audience a le plus grossi à ce moment-là. Après, quand j’ai commencé à vendre quelque chose, il y a eu tous les changements d’algorithme, et c’est comme si à ce moment-là ma portée était devenue beaucoup moins importante. Du coup, sur Instagram, je suis un peu perdue.

18:19Demander l’abonnement multiplie le taux par deux ou trois

Camille Dufossez : Je sais qu’il y a cette notion de tunnel et j’aimerais bien qu’on y revienne, parce que je sais que tu mets des super tunnels en place sur LinkedIn. J’ai envie de creuser le sujet avec toi. Mais du coup, à la fin de ma vidéo, à chaque fois je le dis : commente ça et je t’envoie ça. Et je me dis que ça casse mon intention de départ, qui est de donner une information.

Quentin Saboureau : Ouais, carrément, ça dépend. Déjà, pour moi, tu es obligé de leur dire quoi faire. Par exemple, ils ne s’abonneront pas. Tu as un taux d’abonnement nettement plus faible si tu ne leur dis pas de s’abonner.

Camille Dufossez : Mais ça paraît tout con. Quand on me demande de m’abonner, je ne m’abonne pas.

Orane Janvier : Moi non plus. Moi perso, je consomme très peu de contenu. C’est pour ça que j’ai du mal à m’abonner.

Quentin Saboureau : Mais j’ai un taux qui est énorme. C’est du fois deux, fois trois même, je pense, sur l’abonnement. Et tu es obligé de leur demander. C’est comme sur YouTube, finalement. Dans toutes les vidéos, ils vont dire abonne-toi, mets la petite cloche. Parce qu’en fait, si tu ne le fais pas, tu vois que tu ne prends pas d’abonnés. Et après, tous les CTA lead magnets : au début, ce que je faisais, c’était un post sur trois, un post sur deux. Là, maintenant, c’est tous les posts.

Camille Dufossez : Et tu sentais la différence entre les posts où tu le faisais et ceux où tu ne le faisais pas ?

Quentin Saboureau : Je ne suis pas sûr qu’il y ait une vraie corrélation. Je ne l’ai jamais décelé, donc je ne sais pas trop. Pour moi, c’est l’accroche qui joue beaucoup plus. Et ton CTA va avec le sujet de ta vidéo, avec ce dont tu parles. Tu lui permets vraiment d’approfondir, et tu n’es pas lourd à forcément lui demander son email. En vrai, ça passe. Ça passe même très bien.

Camille Dufossez : Vous ne pensez pas que les gens vont avoir ras-le-bol des lead magnets ?

Quentin Saboureau : Ah si. Après, j’ai un peu moins de portée qu’avant sur Instagram, mais par les lead magnets, ça tourne toujours bien. Je récupère toujours des emails.

Camille Dufossez : Et le fait d’avoir moins de portée, est-ce que tu as moins de conversion, en nombre ?

Quentin Saboureau : Non, parce que ce sont mes stories qui convertissent. Je dois avoir 95 000 abonnés sur Instagram, à peu près. Et mes stories font entre 1 000 et 5 000 vues, ce qui représente un petit échantillon du nombre d’abonnés global. Une story que je mets aujourd’hui, ça se trouve, la personne qui sera intéressée ne la verra pas. Donc je peux en republier une le lendemain.

Camille Dufossez : Oui, j’ai remarqué que tu mettais souvent des stories. Il y avait des stories qui revenaient.

Quentin Saboureau : Je n’ai même plus de stories de moi, c’est fini.

Camille Dufossez : Donc les stories sont déjà enregistrées et tu les remets tous les trois jours.

Quentin Saboureau : Petite astuce en plus : si tu ne mets pas de story pendant 24 heures, ta story d’après est boostée.

20:41Republier les mêmes stories tous les deux jours pour récupérer des leads

Camille Dufossez : Ça peut être intéressant d’avoir ce genre de truc aussi.

Quentin Saboureau : C’est pour ça que la plupart du temps, je mets une story un jour sur deux. Et après, je les fais tourner. Il y a des stories, j’en ai mis une tout à l’heure, tu as dû la voir au moins vingt fois déjà. Mais ça convertit toujours.

Camille Dufossez : C’est celle où il y a une photo et où tu dis un truc. Moi, je la vois et je me dis, encore elle.

Quentin Saboureau : Et au final, ça convertit tout le temps. J’ai des leads qui tombent parce qu’eux ne l’ont pas vue avant, ou que ce n’était pas leur moment.

Camille Dufossez : Et ça ne sature pas l’audience qui l’a déjà vue ?

Quentin Saboureau : C’est possible. Après, je fais tellement de contenus partout, tout le temps. Ceux qui veulent vraiment me suivre ne suivent pas mon contenu Instagram. Ils vont suivre mon contenu YouTube, ils vont être dans le Skool, sur mon contenu un peu plus poussé, un peu plus expert.

Camille Dufossez : Vas-y, pardon.

Orane Janvier : Sur Instagram, ceux qui rentrent via les mêmes stories que tu fais tous les jours, ce sont des nouveaux, ce ne sont pas des anciens ?

Quentin Saboureau : Que des nouveaux. Que des nouveaux tout le temps.

Orane Janvier : Donc les anciens, ceux qui ne sont pas sur YouTube ou ailleurs, comment tu fais pour essayer de les convertir, si tu ne crées pas d’engagement réel avec eux en story ?

Quentin Saboureau : Tu parles des anciens abonnés ou de ceux qui ont déjà rempli le formulaire ?

Orane Janvier : Les anciens abonnés.

Quentin Saboureau : Les anciens abonnés, je ne fais rien pour l’instant. La plupart, soit j’ai leur email et du coup ils sont automatiquement dans mon Substack et ils reçoivent mes newsletters, soit je ne fais rien. En vrai, je ne fais pas de séquence. J’ai leur email, je leur envoie mes newsletters, mais c’est tout. Ils n’ont pas de relance, ils n’ont rien. J’ai plein de trucs à faire.

Orane Janvier : Et même après le lead magnet, tu ne les relances pas ?

Quentin Saboureau : Je ne les relance pas. Soit je les qualifie direct après, parce qu’ils me disent qu’ils ont un besoin, soit j’arrête. C’est tout.

Camille Dufossez : Le mec, il a fait 90 % du chemin, et il arrête. Tu perds des gens, quoi.

Quentin Saboureau : Ouais, j’en perds. Mais ça se trouve, ils reverront un post à un moment. Clairement, je pourrais. C’est dans mes objectifs 2026, peut-être 2027 si j’ai la flemme cette année, de faire justement des séquences comme ça.

Camille Dufossez : Et tout seul ?

Quentin Saboureau : On est trois, mais c’est moi qui m’occupe de toute cette partie-là. Je suis arrivé à un stade dans ManyChat où j’ai vraiment poussé le truc. Donc ça veut dire que je dois tout reprendre et tout refaire. Ça me fait un peu la flemme, c’est pour ça. Mais oui, il me manque ce truc-là. Je pourrais aller chercher, je pourrais avoir un tunnel beaucoup plus complet. Pour l’instant, je ne le fais pas. Ce qui est intéressant en plus sur ManyChat, c’est que j’intègre l’email, tu peux intégrer WhatsApp, tu peux intégrer Telegram. Tu as plein de points de contact différents.

23:06Un contenu qui a marché une fois remarchera à la republication

Quentin Saboureau : À partir du moment où ils m’ont donné leur email ou leur numéro de téléphone, je peux les relancer en SMS. Je peux tout faire, je peux vraiment avoir plein de points de contact.

Camille Dufossez : Mais pourquoi ne le faites-vous pas, monsieur ? Non, c’est hyper intéressant. Et moi, j’avais une question aussi sur la partie recyclage de contenu.

Quentin Saboureau : Ça va être tous mes points faibles, là. Ah merde.

Camille Dufossez : C’est bon, c’est bon. Mais c’est bien, ça veut dire que tu peux être encore meilleur.

Quentin Saboureau : Le truc important, et ce que je dis à mes clients, parce que je commence à prendre des clients sur Instagram et Snapchat, c’est qu’un post qui a marché une fois remarchera forcément. Peut-être pas aussi bien, parfois mieux, c’est souvent un petit peu moins bien. Mais là, j’ai un client chirurgien qui a fait un million de vues sur une vidéo. La prochaine fois qu’on la publie, je suis sûr qu’il fait au moins 500 000 vues.

Camille Dufossez : Parce que tu fais de l’accompagnement Instagram maintenant ?

Quentin Saboureau : Ouais, un petit peu. J’aime trop faire plein de trucs, du coup je touche un peu à tout. Et comme je le fais pour moi, je me suis dit, autant vendre mes modèles ManyChat.

Camille Dufossez : Mais c’est bien. Tu ne les vends pas directement en story ?

Quentin Saboureau : Je ne les vends pas directement en story. Mais quand ils viennent avec des besoins, je regarde leur site, je regarde leurs réseaux, je regarde tout.

Camille Dufossez : Et tu vois là où il y a des points sur lesquels tu peux intervenir ?

Quentin Saboureau : Cyrilmp4, par exemple, je lui ai fait brancher ManyChat.

Camille Dufossez : Mais tu vois, ça rejoint ce qu’on disait au début : ton expertise vient de ton expérience et du fait qu’aujourd’hui, tu l’as fait pour toi. Et c’est ce que tu disais très bien tout à l’heure. Tu répliques pour tes clients ce que tu fais pour toi et qui fonctionne. Et toi, Orane, tu as toute cette partie tunnel de conversion. Du coup, c’est l’équivalent que tu mets en place sur LinkedIn ?

Orane Janvier : Ouais, mais pas aussi poussé.

Camille Dufossez : Dans le sens du truc d’automatisation dans tous les sens.

Orane Janvier : Mes posts ont pour objectif la vente. Donc à la fin de certains posts d’expertise ou de preuve sociale, je mets un CTA pour prendre un appel avec moi. Il y a un formulaire, forcément, avec des questions à remplir. Si la personne n’est pas qualifiée, on envoie des messages sur WhatsApp. Mais automatiquement, la personne reçoit une séquence email en fonction de la typologie de clientèle. Elle va recevoir une séquence email si ce sont des gens dans la communication, une autre pour d’autres profils.

25:18Les séquences email et la newsletter derrière un CTA LinkedIn

Orane Janvier : Pour les gens dans l’OBM, une séquence pour l’OBM. Du coup, ils sont séquencés comme ça, plus automatiquement la newsletter, où on envoie des mails toutes les semaines sur des sujets spécifiques. Et les gens qui ne prennent pas rendez-vous avec moi, j’envoie beaucoup de messages pour les demandes de connexion, où je mets le lien vers ma newsletter. On sait qu’on apporte énormément de valeur sur notre newsletter, du coup on redirige à fond dessus.

Camille Dufossez : Mais du coup, tu fais de l’outbound ? Tu fais des demandes de connexion, toi, sur LinkedIn ?

Orane Janvier : Les demandes de connexion qu’on me fait, celles qui sont qualifiées, j’accepte en redirigeant sur la newsletter.

Camille Dufossez : Et ça, tu fais tout à la main. Tu n’as pas automatisé cette partie-là ?

Orane Janvier : Non, je n’ai pas automatisé sur LinkedIn. C’est pénible, ça bugue. J’ai quelqu’un qui m’aide, par contre. Mais on fait avec de l’humain.

Camille Dufossez : Sur tes posts, est-ce que tu fais des CTA directement quand tu publies en organique ?

Orane Janvier : Soit je vais faire des CTA sur des petits trucs qu’on fait, genre on organise beaucoup d’événements en France maintenant. Des afterworks. Soit on propose un appel avec moi, et parfois la newsletter, mais je ne le fais pas assez.

Camille Dufossez : Attends, c’est hyper intéressant. Pourquoi vous vous mettez sur des événements ?

Orane Janvier : Pour nous, l’avenir c’est l’humain. J’ai plein de posts d’ailleurs qui sortent à ce sujet, sur l’utilisation de l’IA dans le contenu. Moi, je veux vraiment prendre l’angle inverse et ne pas utiliser l’IA sur LinkedIn. Je ne connais pas les autres réseaux, je ne suis pas dessus. Je n’arrive pas à concevoir que des gens te vendent des modèles écrits par IA, sachant que du coup, tu vas lire de l’IA. Moi, si je ne dois lire que de l’IA, je pars de LinkedIn. Donc il y a moins de conversion, c’est logique que tu n’arrives plus à trouver autant de leads. Quand tu prends vraiment le biais de l’humain, tu te différencies naturellement. Et du coup, nous, on prend ce biais.

Camille Dufossez : Donc toi…

Orane Janvier : Et l’objectif premier, ce n’est pas de convertir. Il s’agit plutôt de créer un ensemble cohérent autour de la marque.

Camille Dufossez : C’était ma question. Est-ce que les événements, c’est un enjeu de conversion et de vente, ou un enjeu de construction de communauté ?

Orane Janvier : Les deux. Naturellement, quand des gens nous suivent depuis longtemps, qu’ils discutent avec nous, tu as aussi besoin de créer du lien. Il y a toujours des personnes qui prennent des appels avec moi, sans que j’aie à forcer quoi que ce soit. Mais c’est surtout pour construire une meilleure communauté.

27:25Le SEO local et le retour du physique face à l’overdose de contenu

Orane Janvier : Et puis quand on fait de l’infoprenariat, c’est quand même difficile de revendre derrière. Alors que nous, on a une logique de groupe, pour pouvoir potentiellement revendre plus tard.

Camille Dufossez : Ça passe aussi. C’est très intéressant.

Quentin Saboureau : C’est un peu pour ça aussi que moi, je pars dans le SEO local beaucoup plus, parce que je pense qu’il y a beaucoup plus d’avenir là-dedans. Je ne sais pas trop ce que ça va donner au niveau des algorithmes avec tout le contenu qu’il y a. C’est pour ça que je prends ce pas aussi. Mais on le voit dans plein de trucs. C’est tout con, mais il y a des marketplaces maintenant où tu fais des groupes de rencontres sur Paris. Groupe de rencontres de running, groupe de rencontres de lecture, groupe de rencontres de poterie. Les gens veulent retrouver de l’humain. Je vois de plus en plus de jeunes. Moi, j’habite à Levallois, et j’ai l’impression qu’il y a un petit changement. On essaie de retrouver un peu de physique. Est-ce que ça va durer ? Je ne sais pas.

Camille Dufossez : Et les événements physiques, c’est quelque chose que tu fais ?

Quentin Saboureau : Les événements physiques ? Je fais des conférences, je vais à des conférences. Mais afterwork et tout, très peu.

29:40Les afterworks où vendre est interdit, et le networking insupportable

Camille Dufossez : Toi, c’est vraiment en ligne.

Quentin Saboureau : Je donne des astuces. Je fais mes vidéos, et après c’est des vacances tout le temps.

Camille Dufossez : Est-ce que tu ne vas pas aux événements parce que tu as peur qu’il y ait des gens qui veulent te vendre quelque chose, ou parce que tu n’aimes pas les afterworks ?

Quentin Saboureau : Parce que je n’ai pas envie de passer du temps à faire du business tout le temps et de parler que de business.

Orane Janvier : Mais tu n’es pas obligé de le voir comme ça. Nous, par exemple, notre dynamique, c’est que tu n’as pas vraiment le droit de vendre aux gens. Le but, c’est de trouver des collègues de travail.

Camille Dufossez : Mais ce sont des afterworks que vous créez vous-mêmes ?

Orane Janvier : Ouais. Parce que le networking, c’est insupportable. Moi, je sais que je ne peux pas. Le nombre de fois où je suis partie et où tu as des gens qui font copain copain, et le lendemain ils t’envoient un message privé.

Quentin Saboureau : Ouais, c’est un peu le truc que je vois avec les salons et tout, l’enfer, j’en ai fait. Tu as l’impression que toutes les interactions que tu as eues toute la journée étaient tellement fausses. Le mec faisait genre de s’intéresser à ton problème juste pour te vendre un truc. C’est épuisant. Alors que je préfère avoir des vraies discussions avec les gens, et pas parler de mon produit. C’est pour ça que je parle très peu de mes offres. Je préfère qu’on échange sur plein de trucs. Je trouve ce genre de format trop bien. J’apprends plein de trucs et je préfère ça.

Orane Janvier : Ouais, tu ne forces pas.

Camille Dufossez : Tu crées l’échange et les sujets en commun.

Quentin Saboureau : Ouais, puis c’est stimulant. C’est beaucoup plus stimulant, je crois.

Orane Janvier : Et puis naturellement, si tu accroches vraiment avec quelqu’un et qu’il a une expertise, quand tu as le besoin, tu fais appel à lui. C’est la première personne à laquelle tu penses. Moi, je fonctionne comme ça.

30:40Recycler ses intros YouTube en posts LinkedIn pour gagner des abonnés

Camille Dufossez : J’ai posé la question à Orane tout à l’heure sur le fait qu’elle est allée sur LinkedIn et pas sur les autres réseaux. L’un des freins, c’était la partie vidéo. Mais du coup, pour toi, ce serait entre guillemets assez facile de récupérer le transcript d’une vidéo, de le mettre dans une IA et de publier un post textuel avec un petit selfie. Sur LinkedIn. C’est un enjeu pour toi, LinkedIn ? Tu aimerais le développer ?

Quentin Saboureau : Je le fais un peu. En vrai, ça marche bien. Ce sont des abonnés que tu as en moins grand nombre, mais qui sont plus qualifiés que sur Instagram. Et déjà, Instagram, c’est nettement mieux que TikTok. Mon colocataire, quand j’étais à la Réunion, c’était Afiaso, qui lui fait beaucoup d’automatisation. Il automatise LinkedIn, et en vrai je pense que ça peut t’intéresser. Lui, ce qu’il fait, c’est qu’il se concentre à fond sur YouTube. Toutes ses intros de vidéos YouTube, il les met sur LinkedIn. Il ne met rien d’autre. Il met une partie de sa vidéo et il dit commente, et je te l’envoie. Après, il a automatisé tous les commentaires, et ça booste son YouTube. Il prend des abonnés archi qualifiés sur YouTube, et après il redispatche ses offres comme ça. Ça marche vachement bien. Donc plus que le transcript, je vais tester ce genre de trucs aussi.

Camille Dufossez : Et en plus, ça, c’est pour le coup vraiment du recyclage de contenu. Il reprend un extrait.

Quentin Saboureau : J’ai vécu avec lui là-bas. Il travaille encore moins que moi, j’étais comme un fou, je me disais qu’on n’allait jamais travailler. Mais c’est assez intéressant. Les intros accrochent fort, et ça marche bien sur LinkedIn. Tu as la partie de la vidéo, tu sais que tu vas voir de la qualité derrière, et ça marche trop bien. Franchement, c’est vers ça que je vais sur LinkedIn.

Camille Dufossez : Donc tu as beaucoup de formats courts avec des petites astuces. La vidéo longue, pour toi, c’est quoi ?

Quentin Saboureau : Pour la petite histoire, je faisais beaucoup de formats SEO longs il y a un an et demi, deux ans, et je me suis un peu perdu. Ma chaîne, c’était format long plus tous mes shorts, mais des shorts qui n’étaient pas liés à mes formats longs directement. En gros, c’était des shorts recyclés de TikTok et Instagram. Du coup, ça m’a créé deux audiences différentes sur mon YouTube.

32:05Segmenter ses chaînes YouTube par sujet plutôt que mélanger deux audiences

Quentin Saboureau : Ce qui fait que j’ai ranké moins sur l’un et sur l’autre. J’étais un peu perdu, du coup j’avais fait une deuxième chaîne, j’ai fait plein de trucs. Et là, je reviens de la Réunion avec une stratégie YouTube très carrée.

Camille Dufossez : Laquelle ? Est-ce que tu veux nous en donner une petite partie ?

Quentin Saboureau : Je vous dirai si ça a marché dans la prochaine saison de ce podcast, si tu m’invites.

Camille Dufossez : Avec grand plaisir. Surtout vu la masterclass qu’on est en train de prendre là. Mais parce que moi, je suis en train de développer YouTube à fond, et je parle à la fois de SEO et de Maurice. À l’origine, j’ai lancé la chaîne YouTube pour parler d’expatriation et de la vie à Maurice, ce qui a en soi un lien avec le SEO. Si aujourd’hui je suis expatriée à l’île Maurice, c’est parce que je fais un métier qui m’a permis de m’expatrier et que je peux emporter avec moi. Mais du coup, j’ai une audience un peu mélangée, entre des gens qui s’intéressent à l’expatriation à Maurice et des gens qui s’intéressent au SEO. Je ne sais pas trop où je vais avec ça.

Quentin Saboureau : J’ai un très bon avis là-dessus, j’ai fait deux semaines de brainstorming sur ça. Vraiment, on voulait faire une stratégie très poussée. En gros, ce que j’ai fait dans mon cas, et je pense que tu devrais faire la même chose, ce sont des chaînes très spécifiques. J’en ai une sur le SEO local, avec la marque de mon SaaS. Je ne fais que ça, il n’y a que ça, et je traite le sujet sous tous les angles. Et j’en ai une plus personal branding, sur tous les tests que je fais. Il y a l’automatisation, en gros c’est l’acquisition organique par tous les moyens. Ça va être ça, mon gros sujet. Et dans ton cas, je pense que tu as tout intérêt à en faire une sur Maurice, une sur le SEO, et même une autre pour les podcasts. Je pense qu’il faut que tu segmentes.

Orane Janvier : Oui, parce que nous, pareil, je dois me mettre sur YouTube. Et du coup, je commence des podcasts. C’est vraiment tranquille, canapé, j’invite des amis et on discute de sujets business. Mais je voudrais quand même le pousser sur YouTube. J’ai une chaîne avec les interviews de mes clients. J’ai une chaîne où je voudrais faire de la vidéo d’expertise. Et idéalement, dans un monde idéal, j’aimerais pouvoir faire des vidéos plus tranquilles, du vlog.

34:15Montrer son métier sans montrer sa vie, un choix de personal branding

Quentin Saboureau : Pour moi, le vlog, non. Parce que celle où tu parles de business et de preuves de tes clients, c’est peut-être la même finalité. Donc expertise et interview, pour moi, tu peux regrouper une partie. Dans ma chaîne personal branding, pure acquisition, je parlais de SEO, je parlais d’IA, je parlais de plein de trucs. Ce ne sont pas forcément les mêmes sujets. Je parlais de ManyChat, mais ça se rejoint. C’est de l’expertise.

Camille Dufossez : C’est-à-dire que tu fais de l’expertise et du vlog d’expertise ?

Quentin Saboureau : Non, c’est de l’expertise.

Camille Dufossez : Toi, tu ne fais que des posts métier, en fait.

Quentin Saboureau : Ouais, moi, je ne montre pas mon lifestyle, pas du tout.

Camille Dufossez : Et alors, pourquoi toi, tu le montres, Orane ?

Quentin Saboureau : Je pense que c’est une bonne façon de le faire.

Camille Dufossez : C’est intéressant, parce que du coup, vous n’avez pas forcément la même approche.

Orane Janvier : Parce qu’on ne vise pas le même type de clientèle. Moi, c’est du B2C, toi, c’est du B2B.

Quentin Saboureau : Ouais, il y a ça. Et puis moi, c’est très personnel aussi. Je crée tellement de contenus que je n’en consomme pas, et je déteste créer du contenu de vie, dans le sens où je prends très peu de photos, très peu de vidéos. Ce qui fait que je n’ai pas tant de contenu lifestyle à faire que ça.

Camille Dufossez : Ça te demande un effort supplémentaire.

Quentin Saboureau : Ça me saoulerait de commencer à filmer quand je suis dans la rue, ou quand je suis avec mes amis. Flemme, vraiment.

Camille Dufossez : Mais tu n’es pas obligé de devenir youtubeur non plus.

Quentin Saboureau : Oui, mais j’aurais du mal à faire du vlog.

Orane Janvier : Plus du contenu storytelling que du vlog. Quand je dis vlog, j’exagère. Je ne vais pas parler de ta vie, mais de ta vision, de tes valeurs.

Quentin Saboureau : J’en parle dans le business et c’est tout. Je n’en parle pas autrement.

Camille Dufossez : C’est intégré dans tes posts d’astuces, en gros, si on catégorise un peu tes contenus ?

Quentin Saboureau : Ma vie, non, pas tant. Mon objectif, c’est vraiment de prouver mon expertise à 100 % par le business, et pas du tout par ma vie ni par ce que je fais.

Camille Dufossez : Mais toi, Orane, je me souviens de certains de tes posts un peu plus clivants. Je me souviens de « mes 20 ans, vos 20 ans ». C’est toi qui l’as fait.

Orane Janvier : C’était il y a longtemps.

Camille Dufossez : Tu connais ce contenu ? Il a un an et demi, je crois. Le truc avait explosé, celui-là.

Quentin Saboureau : J’ai dû le voir, quasiment.

Orane Janvier : C’était mes 20 ans avec des emojis. Carte bleue, argent, ce que tu veux.

36:38Écrire ses posts LinkedIn sans IA comme parti pris de différenciation

Camille Dufossez : Et après, c’était vos 20 ans, et là, c’était genre une boule à facettes. Et toi, c’est quoi les posts qui marchent le mieux sur LinkedIn ? Et comment tu les analyses aussi ?

Orane Janvier : Ça dépend de ce que tu entends par marcher. Ils marchent en termes de visibilité ?

Camille Dufossez : En termes de visibilité, et surtout après, derrière, en termes de conversion. Parce que tu disais qu’il y a des posts de vente qui marchent moins bien. Peut-être que tu vas me dire que tu préfères faire ça parce que tu as beaucoup plus de leads.

Orane Janvier : En fait, si je ne prends pas de plaisir avec mon contenu, ça ne fonctionne plus. Du coup, je prends du plaisir évidemment en partageant les résultats de mes clients, mais aussi en faisant des posts que j’aime écrire. Mes posts qui font le plus de vues, ce sont des posts soit ultra clivants, soit des posts storytelling. Sauf ceux dans lesquels j’intègre un peu de preuve sociale, où je fais un lien avec ce que je vends. Mais ceux qui convertissent le plus, ce sont ceux où je fais des posts d’expertise, où je démonte un peu des croyances limitantes, où je partage des résultats clients.

Camille Dufossez : Et du coup, pourquoi tu continues de faire des posts storytelling et clivants ?

Orane Janvier : Parce que si tu n’es pas visible, tu ne peux pas toucher de nouvelles personnes. Et surtout, c’est ce qui me plaît le plus.

Camille Dufossez : Et il y a une stratégie quand même derrière ? Parce que tu dis que ça te plaît. On dirait que tu publies spontanément.

Orane Janvier : Non, j’ai une stratégie, avec des typologies de posts que je dois faire quand, comment, pourquoi, si on a des événements, si on organise une masterclass d’expert. Mais quand je dis que je dois y prendre du plaisir, c’est que si je n’en prends pas à créer mon contenu, ça se ressent dans mon écriture et c’est pourri.

Camille Dufossez : Tu écris tout à la main ?

Orane Janvier : Ouais, bien sûr.

Camille Dufossez : Enfin, à la main, sur papier ?

Orane Janvier : Non, pas avec la main.

Camille Dufossez : Pardon, je veux juste dire sans IA.

Orane Janvier : Sans IA. J’ai essayé pendant deux semaines, je pense, des essais.

Camille Dufossez : Pourquoi tu n’as pas aimé ?

Orane Janvier : Ce n’est pas assez créatif. C’est trop plat. Moi, j’aime l’humain dans mon job. C’est pour ça que chez nous, la grande majorité de notre activité, c’est du un pour un. On pourrait faire autrement, le nombre de personnes qui nous disent d’arrêter, de faire un agent IA et une deuxième formation. C’est pénible. Je ne veux pas.

Camille Dufossez : Clairement. Je pense qu’il y a un avenir pour l’humain comme ça, c’est sûr et certain. Tu as dit un truc archi intéressant, je trouve. J’ai zappé, du coup.

Orane Janvier : Moi aussi, je voulais te faire rebondir sur un truc. J’ai oublié.

Camille Dufossez : C’était par rapport aux vanity metrics.

38:59Les vanity metrics, ou trois millions de vues qui ne rapportent rien

Quentin Saboureau : Et ça, je trouve ça archi intéressant, parce que pour moi, il y en a beaucoup qui tombent dans ce truc de vanity metrics, tu as fait un million de vues. Mais de mon expérience, mes meilleurs posts en termes de vues, ce sont mes pires posts en termes de business pur. En gros, j’avais fait une vidéo sur ChatGPT, les dangers, les données personnelles. Elle a dû faire trois ou quatre millions de vues. Des mecs de fous m’ont suivi, des inconnus au hasard, genre Christophe Maé. Ça m’a rapporté plein de gens très hors cible. Du coup, ça ne me servait à rien, parce qu’en story ils n’allaient jamais interagir, et sur mes prochains posts non plus.

Camille Dufossez : Et ça, ça pénalise ton compte, tu penses ?

Quentin Saboureau : Sur Instagram oui, dans le sens où ça se montre à une bonne partie de tes abonnés au début. Sur TikTok, on se fiche des abonnés. Sur Instagram, ça va te pénaliser. Par contre, j’ai fait un post il y a deux semaines qui a dû faire 200 000 vues, avec un lead magnet pour ouvrir mon SaaS. Et derrière, j’ai récupéré 600 mails. C’est énorme, d’un point de vue business. Et il y a des posts où je fais 10 000 vues, mais où le lead magnet était super bon. Ça envoie vers le Skool et je prends vingt abonnés sur le Skool dans la foulée. Du coup, je préfère faire des posts comme ça.

Quentin Saboureau : Et je crois que c’est Matisse Cloé qui en parle beaucoup, et qui dit qu’en vrai, tu n’as pas besoin d’avoir 10 000 abonnés. Même 5 000 peuvent te suffire largement. Si tes posts sont archi qualitatifs, que tu donnes de la valeur et que tu convertis derrière, let’s go, tu n’as pas besoin d’aller faire des millions. Par contre, c’est toujours intéressant de faire de la visibilité beaucoup plus mainstream, mais qui reste dans ta niche. Par exemple, quand je partage des prompts ChatGPT, je sais que les personnes sont intéressées par l’intégration de l’IA dans une stratégie SEO. Si je fais des séquences un jour, je peux les retoucher et dire OK, tu as été intéressé par ça, let’s go.

Camille Dufossez : Ah ouais, tu les as pré-qualifiés, donc tu sais.

Quentin Saboureau : J’ai quand même un Google Sheet de 15 000 ou 20 000 emails qui sont tous qualifiés par centres d’intérêt. Je sais que telle personne utilise tel outil, a tel intérêt, veut des backlinks, veut utiliser Alloscan par exemple. J’ai plein de trucs comme ça, donc limite je pourrais même revendre la data.

41:21Relier le storytelling à l’offre pour vendre avec un post LinkedIn

Quentin Saboureau : J’ai fait un post avec eux et je leur envoyais le lien. Moi, je récupérais l’email et j’envoyais direct vers la plateforme avec le code promo. C’est un très bon moyen de faire des posts aussi. Et quand je fais des posts sponsorisés sur Instagram, j’ai un forfait sans ManyChat et un forfait avec ManyChat.

Camille Dufossez : Et tu renvoies les leads derrière ?

Quentin Saboureau : Moi, je garde les emails. Je n’ai pas encore vendu d’emails, je pourrais le faire, mais pour l’instant je ne le fais pas trop. J’ai un peu de mal avec ce côté RGPD, et ça me rajoute du travail.

Camille Dufossez : Et on a bien compris que ce n’était pas l’idée.

Orane Janvier : Pour répondre sur ce que tu disais, moi par exemple, il y a un post que j’avais fait il y a un an et demi, où je vendais une microformation. Elle devait être à 200, 250 euros, je ne sais plus, même moins. Quand je fais des posts qui mélangent le storytelling et l’objectif de visibilité, et que tu fais le lien avec ton expertise et avec ce que tu as à vendre derrière, ce post-là, en termes d’impressions, j’avais dû faire 100 000 impressions, peut-être un petit peu moins sur LinkedIn, à peu près 1 000 likes. Et j’avais fait 3 000 euros pour une petite formation entre 100 et 200 balles.

Orane Janvier : Parce que si j’avais fait que mon storytelling, évidemment, tu es là, je n’apprends rien, je n’ai pas d’incitation à aller faire quoi que ce soit. Mais si tu fais du storytelling en disant, cette phrase-là, c’est exactement ce que j’ai mis en place pour ce client, ou cette phrase-là, c’est ton plus gros point de douleur, et c’est ce que je résous avec X, Y ou Z, là du coup tu as de la visibilité et de la conversion. Mais il faut les penser comme ça. Et moi, j’ai des posts, je suis obligée de faire de la visibilité aussi, parce que quand je les construis bien, et c’est pour ça qu’il faut que je sois créative, sinon je ne les construis pas bien, ils vendent à fond, plus que des posts de preuve sociale parfois.

Camille Dufossez : Et tu recycles ton contenu ? Parce que c’était la question de tout à l’heure.

Orane Janvier : En fait, je n’aime pas. Je n’aime pas parce que je fais tellement attention au contenu des autres que quand quelqu’un recycle, je le vois. Du coup, je ne veux pas que ça fasse la même chose avec moi. Je dois recycler tous les ans.

43:35La portée d’un contenu recyclé divisée par deux à chaque republication

Camille Dufossez : Et tu vois ce qui est rigolo, Nelly Kempf publie aussi beaucoup sur LinkedIn. Elle a un format qui marche bien : le lundi, elle fait les news du SEO. Et elle fait aussi beaucoup de recyclage, au bout de six mois ou au bout d’un an, de certains de ses carrousels. En termes de visibilité, elle divise par deux. Il y a un contenu qu’elle a posté trois fois : divisé par deux la deuxième fois, redivisé par deux la troisième fois. C’est des trucs que tu vois toi ou pas ?

Quentin Saboureau : Exactement la même chose. Des fois j’en ai qui font moins, des fois j’en ai qui font plus.

Camille Dufossez : Tu as déjà eu le « ça fait plus » ?

Quentin Saboureau : Bien sûr, ça m’est arrivé plusieurs fois. Parce que ça se trouve, il faut juste que tu changes une petite partie pour que ce ne soit pas 100 % du duplicate. En vrai, il faut changer le visuel souvent, parce que les gens se rappellent moins des mots, ils se rappellent plus ce qu’ils regardent. Donc si tu mets la même photo, quand le post a cartonné, ils associent la photo au post.

Camille Dufossez : Je vois aussi beaucoup de gens sur LinkedIn qui réutilisent les mêmes photos. À un moment, tu n’es pas non plus tout le temps en train de te prendre en photo.

Camille Dufossez : Vous nous avez donné une masterclass, et j’ai encore tellement de questions. On me fait signe qu’on arrive au bout de notre créneau. Je suis frustrée, super frustrée.

Quentin Saboureau : On fait la version apéro après. Je suis archi chaud, en plus.

45:37Tourner dix à vingt vidéos courtes en une journée pour tenir la cadence

Camille Dufossez : Vous planifiez tous vos contenus à l’avance ? Tu tournes tous tes contenus d’un coup ou pas ?

Quentin Saboureau : En gros, j’ai mon mardi, c’est ma pire journée de la semaine, où je fais tout mon contenu court et j’en tourne entre 10 et 20. Je ne fais pas le montage dans la foulée, parce que sinon je pète un câble. C’est pour ça qu’après je prends deux ou trois jours de week-end. Mais après, je fais mon montage au jour le jour, ou parfois j’en fais deux ou trois. Dans l’avion, là, j’en ai fait quatre ou cinq.

Camille Dufossez : Tu ne délègues pas ?

Quentin Saboureau : Je délègue très peu ce format-là, parce que je veux garder le truc de si je dis une dinguerie, il faut que je puisse la couper. Ça m’arrive parfois de me re-regarder et de me dire non, je ne peux pas dire ça, vas-y je la coupe. C’est pour ça que je ne délègue pas cette partie-là. Et après, c’est le côté un peu créatif que j’aime bien aussi. À la base, j’ai fait ça parce que ça me plaisait, et ça me plaît encore. Mais le seul truc que je vais commencer à déléguer, c’est YouTube, parce que c’est trop long.

Camille Dufossez : Et c’est ça qui te permet d’être consistant, en fait. De tout regrouper.

Quentin Saboureau : J’ai fait plein de trucs. Pendant un moment, je créais au jour le jour, je faisais ma vidéo pour le jour même, ce qui fait que je pouvais traiter l’actualité. Là maintenant, j’ai mes accroches. Je me fais un matin toutes mes accroches, et après j’enchaîne. Au final, avant je scriptais beaucoup. Maintenant je ne scripte rien. J’ai juste mon accroche, et je me dis OK, je vais parler de ça.

Camille Dufossez : Toi, Orane, tu prévois tes contenus à l’avance ?

Orane Janvier : Ça dépend de mon humeur. Quand je suis dans une phase de charbon, je prévois deux ou trois semaines à l’avance. Quand je suis fatiguée, en baisse créative, ou que j’ai trop de travail, non. Des fois, je rentre dans des phases. Un matin, je me lève, je suis hyper créative, je pourrais écrire un bouquin complet et je fais plein de posts LinkedIn. Et des fois, je ne suis tellement pas inspirée. Heureusement que j’ai des phases comme ça, mais je suis très, très mal organisée. Pareil pour mes posts LinkedIn : tout en une fois, j’en fais cinq ou six, j’ai toute ma semaine d’après qui est faite, et basta.

Quentin Saboureau : Ouais, je pense qu’en vrai c’est ça le secret pour tenir sur la longueur.

Camille Dufossez : Merci à tous les deux pour cette masterclass.

Orane Janvier : Avec plaisir, merci à toi.

Camille Dufossez : Ça fait tellement plaisir. Abonnez-vous à la chaîne et surtout laissez-nous des petits commentaires, parce que moi, là, vraiment, je repars avec encore plus de questions qu’avant. Je crois qu’ils vont nous lyncher. Non, c’était super intéressant. Dites-nous l’information clé que vous avez retenue de tout ce qu’on a donné en continu. Merci à tous les deux pour toute la valeur que vous avez apportée, et à tous ceux qui nous écoutent. On en tourne plein à l’occasion du SEO Summit, donc ne ratez pas les prochains épisodes, et on se dit très vite.

[Générique] C’était un plaisir de te retrouver pour cet épisode de Next Gen Le Talk. Si ça t’a plu et que ça t’a apporté de la valeur, alors abonne-toi et dis-nous ce que tu en as pensé. Tu peux aussi nous retrouver sur YouTube, Instagram, LinkedIn, tous les réseaux. On t’attend très vite pour ne pas manquer les prochains épisodes avec nos futurs invités. Salut !

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