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SEO Garden Party : lire la SERP et le persona avant d’écrire une ligne

Sept cents personnes en ligne un jeudi matin pour parler de rédaction web, et pas une balise title à l’horizon. C’était le pari de cette conférence à la SEO Garden Party.

Pendant quarante minutes, j’ai déroulé ce que je fais vraiment avant d’écrire une ligne. Lire la SERP pour comprendre ce qu’on attend de moi. Connaître la personne à qui je parle mieux qu’un fichier démographique. Et écrire pour qu’elle aille au bout. Alain Guisado a pris les questions à la fin.

En un coup d’œil
Format
Conférence en ligne
Chez
SEO Garden Party
Diffusé le
10 octobre 2024
Durée
44 minutes
Langue
Français
Lecture
7 min

L’essentiel en 5 points

  • L’intention de recherche se lit dans la page de résultats avant de se deviner. Le type de pages qui rankent dit ce que Google attend, et une page transactionnelle ne prendra pas la place de dix articles informationnels.
  • Une variation minuscule dans la requête change tout le contenu à produire. « Sushi maison », « kit sushi » et « sushi Paris » appellent trois pages qui n’ont rien à voir.
  • Le persona utile ne tient pas dans des données démographiques. Ce qui sert, c’est son langage exact, ses questions récurrentes et ses frustrations. On va les chercher dans le service client, les forums et les avis clients des concurrents.
  • La longueur d’un contenu suit la question posée, pas un compteur de mots. Aussi court que possible, aussi long que nécessaire.
  • On enregistre une phrase de douze mots en entier, la moitié d’une phrase de vingt-cinq mots, le tiers d’une phrase de quarante. La longueur des phrases décide de ce que le lecteur retient.

La SERP dit l’intention de recherche avant qu’on la devine

Google passe son temps à trier ce qui répond le mieux à une requête. Sa première page est donc déjà une réponse à la question « qu’est-ce qu’on attend de moi sur ce mot-clé ? ». Il suffit de la lire.

Avant d’écrire, je regarde quatre choses dans cette première page.

  • le type de pages qui occupent le top 10, articles de blog, pages produits, vidéos ou forums ;
  • les formats que Google met en avant, featured snippets, questions fréquentes, avis clients ;
  • les titres et les meta descriptions, qui donnent l’angle dominant ;
  • les sujets que tous les concurrents traitent, parce qu’ils sont attendus.

Alain Guisado a insisté sur un point pratique. Si dix articles informationnels tiennent la première page, ta page transactionnelle n’y montera pas, même excellente. Cette lecture se fait donc en amont, quand le contenu n’est encore qu’une idée.

On croit souvent connaître l’intention sans vérifier. J’ai tapé « mieux apprendre à l’école » en m’attendant à des méthodes de mémorisation. Google m’a renvoyé des astuces générales pour avoir de meilleures notes. Sans cette vérification, j’écrivais à côté.

Une variation de deux mots change complètement la page à écrire

Quatre requêtes autour des sushis, quatre contenus sans rapport. « Sushi maison » demande un tutoriel avec les étapes, le matériel et des photos. « Sushi shop » cherche un site précis. « Kit sushi » veut une page produit avec un prix et un bouton d’achat. « Meilleur kit sushi » attend un comparatif avec des avantages, des inconvénients et des avis.

Et « sushi Paris » bascule encore ailleurs, vers le local. Si tu es le restaurant, tout passe par ta fiche Google Business Profile. Si tu es un média, on attend une sélection d’adresses avec horaires et carte. Le mot-clé ne suffit pas à décider du format.

Le persona qui sert commence là où s’arrêtent les données démographiques

Savoir que ta cliente idéale s’appelle Sophie, qu’elle a deux enfants et un poste à 80 %, ça ne t’aide pas à écrire une phrase. Ce qui aide, c’est ce qui la motive, ce qui l’inquiète, les questions précises qu’elle se pose et les mots qu’elle emploie pour les poser.

Ces mots existent déjà quelque part, et il suffit d’aller les ramasser.

  • les appels du service client, où reviennent les mêmes questions et les mêmes formulations ;
  • Reddit, Quora et les forums spécialisés, où ton audience parle sans filtre et montre son vrai niveau de connaissance ;
  • les avis clients sur des produits proches, chez tes concurrents ou sur les plateformes d’avis ;
  • les commentaires et partages sur LinkedIn, qui signalent les sujets qui font réagir en ce moment.

Prends une plateforme de cours en ligne. Son service client reçoit surtout des demandes de créneaux en soirée et le week-end. Les forums parlent de prononciation. Les avis des concurrents insistent sur le suivi personnalisé. Le persona sort tout seul de ces trois sources, et il est bien plus utile que « adulte urbain 25-45 ans ».

Aussi court que possible, aussi long que nécessaire

Quelqu’un qui cherche à changer une roue est au bord de la route, en stress. Il n’attend pas un dossier sur les causes de crevaison. Il est déjà à plat. Quelqu’un qui cherche le temps de cuisson d’un œuf à la coque ne veut pas l’histoire de l’œuf et de la poule.

L’époque où on empilait les mots pour ranker est finie. Une question qui se règle en trente mots se règle en trente mots. Un sujet complexe mérite le format long qu’il demande. C’est la question posée qui fixe la longueur.

Le ton de voix se règle sur le niveau de la personne en face

Tu n’expliques pas ton métier de la même façon à tes potes et à tes grands-parents. Le ton de voix d’une marque fonctionne pareil, sauf qu’il doit rester cohérent d’un canal à l’autre.

Personne ne dit à un chirurgien que le mercurochrome soigne les bobos. Personne ne dit non plus à un enfant que la merbromine est un antiseptique topique organomercuriel. Entre les deux, il y a le niveau de langage de ton lecteur, et c’est le seul qui compte.

Ça se formalise dans un voice chart : tutoiement ou vouvoiement, humour autorisé ou non, mots privilégiés, mots bannis, avec des exemples. Et ça se double d’un travail de scénario. Ton lecteur au bord de l’autoroute, on le rassure et on lui donne des consignes de sécurité. On ne lui sort pas un comparatif d’assurances en pop-up. Le reciblage viendra plus tard.

La lecture en F décide de l’endroit où tu poses l’information

Les études d’eye tracking montrent un parcours en forme de F. Un balayage horizontal du haut de page, puis une descente le long du bord gauche, avec quelques arrêts sur des lignes plus courtes. Le lecteur balaye la page bien plus qu’il ne la lit.

Ça change quatre choses dans la mise en page.

  • l’information la plus importante monte en haut, comme dans la pyramide inversée du journalisme ;
  • les premiers mots de chaque paragraphe portent le sens, parce que c’est ce que l’œil attrape ;
  • les intertitres se comprennent hors contexte, ce qui sert le lecteur pressé et le référencement en même temps ;
  • les listes, encadrés et visuels multiplient les points d’entrée, pour qu’il se passe toujours quelque chose là où le regard se pose.

J’applique deux règles en écrivant. La règle des deux lignes m’interdit de laisser passer plus de deux lignes sans une information qui compte. La règle des 1-2-3 fixe le reste. Une idée par phrase, deux lignes par paragraphe, trois paragraphes par section avant un intertitre ou un visuel.

Le reste tient dans la longueur des phrases. On retient une phrase de douze mots en entier, la moitié d’une phrase de vingt-cinq mots, le tiers d’une phrase de quarante. Écrire court décide de ce qui reste dans la tête du lecteur, bien avant de faire joli.

Ce qu’on retient de cette conférence sur la rédaction web

Rien de ce qu’on a vu ce matin-là n’est du SEO au sens technique. Pas une balise, pas un attribut alt, pas une stratégie de mots-clés. Et pourtant c’est ce qui fait la différence, parce que depuis BERT les algorithmes de Google lisent le langage naturel et l’intention derrière une requête.

Alain Guisado a rappelé ce que les Google Leaks de 2024 ont confirmé : le comportement des internautes remonte bien jusqu’au moteur. On ne connaît ni la pondération ni le détail des critères, mais le temps passé sur ta page n’est plus un mythe de conférence.

Le SEO reste la cerise, pas le gâteau. Un bon contenu fait passer son lecteur d’un état A à un état B. Il lui apprend quelque chose, il le divertit, ou il le fait agir. Écrire pour les robots, c’est terminé depuis un moment.

Les citations à retenir

« Il faut faire aussi court que possible, mais aussi long que nécessaire. »Nelly Kempf, SEO Garden Party
« Le temps où il fallait faire le plus de mots possibles pour ranker, c’est terminé. »Nelly Kempf, SEO Garden Party
« Le SEO, c’est la cerise sur le gâteau, c’est pas le gâteau en entier. »Nelly Kempf, SEO Garden Party
« Il ne faut pas oublier que derrière, il y a quelqu’un qui doit lire ce qu’on va partager. »Alain Guisado, SEO Garden Party

L’hôte et l’invitée

Alain Guisado

Alain Guisado

Alain Guisado est SEO chez Linksgarden, la plateforme de netlinking qui organise la SEO Garden Party depuis 2019. Il anime les journées de conférences en ligne de l’événement et prend les questions du public entre deux interventions.

Nelly Kempf

Nelly Kempf

Nelly Kempf est consultante SEO, GEO et acquisition, installée au Mexique. Elle travaille surtout le pilier contenu. Elle vulgarise le SEO sur LinkedIn et dans sa newsletter La Dépêche du Search. Elle a écrit « Le SEO depuis zéro » et « Devenez incontournable sur le Web ».

Elle a co-créé le Cahier de vacances du SEO avec Camille Dufossez, et accompagne des consultants expérimentés avec la méthode Next Gen SEO.

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