Luca Fancello et Thomas Meyer m’ont invitée dans Position 0 pour un épisode qui balaie large, de mes débuts en e-commerce au Mexique jusqu’aux partenariats avec des marques.
On y a passé une heure quinze, et l’échange tourne autour de trois sujets qui se répondent : ce qu’une marque achète quand elle sponsorise un créateur, la façon d’écrire des contenus que les gens lisent jusqu’au bout, et l’organisation qui permet de publier tous les jours sans y laisser sa santé. J’ai enregistré cet épisode depuis La Réunion, où j’étais avec Thomas.
- Format
- Podcast
- Chez
- Position 0
- Diffusé le
- 26 mars 2025
- Durée
- 1 heure 14
- Langue
- Français
- Lecture
- 7 min
L’essentiel en 5 points
- Une marque ne sponsorise pas seulement un volume d’audience. Un podcast ou une newsletter peut se vendre dès le premier épisode, à condition de présenter d’autres preuves que des chiffres de trafic.
- La plupart des contenus publiés ne sont jamais relus par leur auteur, ce qui explique une bonne partie des mauvaises expériences de lecture en ligne.
- Une page se relit sur téléphone avant publication, puisque c’est là que la majorité des gens la découvriront.
- L’IA rend d’énormes services en assistante du quotidien, pour reformuler, résumer ou compter. La rédaction complète sans contexte donne un résultat pauvre.
- Refuser des projets fait gagner plus de temps que n’importe quelle méthode d’organisation.
« Cite-nous des cas d’usage de l’intelligence artificielle dans ton business. » « C’est quoi tes trois plus gros conseils SEO pour l’année ? » Les questions de cet épisode ont été tirées au sort en direct, ce qui explique le grand écart entre les sujets.
Position 0 est un podcast SEO créé par Luca Fancello et Thomas Meyer, qui reçoivent chaque saison des professionnels du référencement francophone. On y a parlé de trois choses, et elles se tiennent mieux qu’il n’y paraît : la monétisation d’une audience construite sur du contenu, la rédaction web qui donne envie de lire jusqu’au bout, et la manière de s’organiser pour produire régulièrement.
Sponsoring de contenu : ce qu’une marque achète vraiment
Quand on cherche un sponsor, le réflexe c’est de mettre en avant son nombre d’abonnés ou de téléchargements. Sauf qu’un podcast qui démarre n’a aucun chiffre à montrer, et il coûte déjà cher à produire entre le studio, le matériel et le montage.
L’exemple
Pour la première saison de Position 0, Luca Fancello et Thomas Meyer ont cherché un sponsor sans la moindre preuve d’audience, puisque aucun épisode n’était encore sorti.
Ils ont présenté ce qu’ils avaient sous la main : leur propre visibilité sur LinkedIn, la qualité des invités déjà confirmés, le public très précis que ces invités allaient attirer. Une promesse d’audience qualifiée, à la place d’un volume.
Le podcast a été sponsorisé dès la saison 1.
Ce qui se vend, c’est l’accès à une communauté précise et la confiance qu’elle accorde à celui qui parle. Une marque préfère souvent trois cents personnes qui collent pile à sa cible plutôt que trente mille curieux.
De mon côté, je pose quand même une limite. J’incarne une marque personnelle, donc je choisis des partenaires dont je peux parler sans me forcer. Les prises de position très clivantes rapportent du clic quand on se vend soi-même, elles deviennent un problème dès qu’une marque est associée au contenu, et ça se paie sur les collaborations suivantes.
Rédaction web : écrire pour être lu jusqu’au bout
Un contenu bien optimisé que personne ne finit de lire ne sert à rien. Et beaucoup de textes sont publiés sans jamais avoir été relus par celui qui les a écrits. Ça se voit dès la première ligne : du gris pâle sur fond blanc, des lignes qui traversent tout l’écran, des blocs de dix lignes sans respiration.
Ceux qui relisent le font en général sur ordinateur, alors que la majorité des lecteurs arrivent depuis un téléphone. La relecture se fait donc sur mobile, dans les vraies conditions de lecture.
Pour garder un rythme de lecture agréable, j’applique ma règle des 1-2-3 :
- une idée par phrase, jamais plus de vingt-cinq mots
- deux phrases par paragraphe
- trois paragraphes par partie, avant une rupture
La rupture peut être une illustration, un sous-titre ou un appel à l’action. Elle relance l’attention et évite que le lecteur bâille avant le deuxième intertitre.
Cette mise en page colle à la façon dont on lit à l’écran. Les études d’eye tracking, qui suivent le parcours du regard, montrent une lecture en forme de F : d’abord une bande horizontale en haut, là où le titre doit accrocher, puis un balayage le long de la marge gauche avec quelques allers vers la droite. Les mots importants se mettent donc à gauche et en début de paragraphe.
L’IA en assistante du quotidien SEO
J’ai ChatGPT ouvert en permanence, avec un raccourci clavier, et je l’utilise pour tout ce que je n’ai pas envie de faire moi-même : reformuler une phrase qui coince, compter les caractères d’une balise title, résumer un article long, préparer une trame.
Par contre, je ne lui confie pas la rédaction complète. Demander « rédige-moi un article sur comment changer une roue de vélo » sort un texte plat, sans angle et sans expérience. Le problème vient de l’usage qu’on en fait, pas de l’outil. Avec un vrai corpus, des données à soi et un ton défini, on obtient d’excellents contenus.
L’exemple
Mes premières armes en SEO, je les ai faites sur mon e-commerce de décoration au Mexique, avec une quarantaine de produits fabriqués, photographiés et expédiés depuis mon village.
Sur chaque fiche produit, je racontais une histoire différente. Un masque coloré pour la belle-sœur qui vient d’emménager et qui vit encore au milieu des cartons Ikea, par exemple. Les mots-clés étaient là, mais toujours dans un récit.
Aucune fiche ne ressemblait à une autre. C’est exactement ce qu’un modèle d’IA ne produira jamais tout seul, parce que cette matière n’existe nulle part ailleurs que chez moi.
S’organiser pour publier : dire non plus souvent qu’on ne dit oui
Quand on veut produire plus, la question qu’on se pose c’est comment faire tenir plus de choses dans le même temps. Refuser des projets règle le problème beaucoup plus vite.
Il y a aussi le syndrome de l’objet brillant, cette envie de se précipiter sur chaque nouvelle plateforme qui se lance. Clubhouse en 2020 a occupé beaucoup de monde pendant quelques mois avant de retomber. Quelques-uns y ont fait du business, la plupart y ont perdu du temps.
Le même arbitrage vaut en SEO. Chez Skyscanner, où j’ai travaillé, on ne cherchait jamais à tout faire, on choisissait ce qui allait rapporter le plus. Poser des données structurées sur les pages stratégiques a bien plus d’impact que de les déployer sur des pages que personne ne consulte. Certaines pages restent donc de côté, et c’est très bien.
Ce qu’on retient de cet épisode de Position 0
Une audience construite sur du contenu SEO se monétise dès qu’on peut la décrire autrement qu’en nombre d’abonnés : à qui elle s’adresse, ce qu’elle vient chercher, à quelle marque elle correspond. C’est ce qui permet à un podcast de trouver un sponsor avant même son premier épisode.
Le reste du travail est une affaire de constance. On relit ses contenus sur téléphone avant publication, on applique la règle des 1-2-3 pour le rythme de lecture, on garde l’IA à sa place d’assistante de rédaction, et on refuse assez de projets pour tenir le rythme de publication sur plusieurs années.
Les citations à retenir
« Il faut que chaque phrase soit importante, que chaque mot soit important. Dès qu’un passage est trop long et que tu ne sais pas pourquoi il est là, sors la tronçonneuse. »Nelly Kempf, Position 0
« Je ne dis pas ça pour dénigrer l’écriture par l’IA, mais pour dénigrer la mauvaise écriture par l’IA. »Nelly Kempf, Position 0
« Ils écrivent un contenu, ils le publient, et ils ne le relisent jamais. »Luca Fancello, Position 0
Les hôtes et l’invitée
Luca Fancello et Thomas Meyer
Position 0 est un podcast SEO créé par Luca Fancello et Thomas Meyer, qui se sont rencontrés sur LinkedIn et enregistrent chaque année une saison de dix épisodes avec des professionnels du référencement francophone.
Luca Fancello est consultant SEO et publie une newsletter hebdomadaire de conseils. Thomas Meyer est consultant et formateur SEO à La Réunion, où il a fondé Growth Island, le plus gros événement entrepreneurial de l’île.
Nelly Kempf
Consultante SEO, GEO et acquisition, autrice et conférencière, je vulgarise le SEO et je le relie au marketing et au branding, sur scène (Parc des Princes, Disneyland Paris, Grand Rex) comme dans mes livres.
J’ai créé Next Gen SEO, la méthode en 6 mois pour devenir visible dans Google et les IA grâce à une marque forte.