Chaque semaine, je passe au crible l’actualité du SEO et j’en sors ce qui compte vraiment pour ta visibilité, sans que tu aies à courir après vingt newsletters anglophones. Voici le tour d’horizon de la semaine du 8 juin 2026 : un Core Update qui a rebattu les cartes, la Search Console qui s’ouvre enfin à l’IA, et un ChatGPT qui se met à citer les marques pour de bon. On déroule, nouveauté par nouveauté.
En bref
- Le Core Update de mai a secoué fort : l’intention de recherche et le marché local ont battu l’autorité brute (Amazon.co.uk +21 %, le .com -55 % au Royaume-Uni).
- La Search Console teste un rapport de visibilité dans les AI Overviews et l’AI Mode, mais sans aucune donnée de clic pour l’instant.
- Acheter des mentions de marque pour squatter les réponses IA, c’est aussi risqué qu’acheter des liens (Gary Illyes, Google).
- ChatGPT multiplie par 14 ses liens sortants vers les marques : se faire citer pour de vraies raisons devient un levier mesurable.
01Core Update de mai : 12 jours de montagnes russes
Google a refermé le Core Update de mai le 2 juin, douze jours après l’avoir ouvert le 21. C’est la deuxième mise à jour de l’algorithme cette année, après celle de mars.
Et celle-là a secoué plus fort. Deux gros pics de volatilité, le 23 puis le 30 mai, avec des positions qui valsaient d’un jour à l’autre. Si tu as vu tes courbes faire le yoyo ces deux week-ends, tu n’as pas rêvé.
La communication de Google, elle, ne bouge jamais d’un mot. « Rien de spécial à faire pour vous rétablir, continuez à créer du contenu utile. » Sauf que quand une partie de ta visibilité se déplace, « rien à faire » ressemble surtout à « débrouille-toi ».
Ne juge rien avant la fin du déploiement : un site qui dévisse un samedi peut être remonté le lundi. Et plutôt que d’attendre la consigne de Google, regarde QUI est monté sur tes requêtes. Le sujet suivant t’explique pourquoi.
02Sur cet update, l’intention a battu l’autorité
Aleyda Solis a passé le Core Update au crible avec SISTRIX, sur les marchés américain et britannique. Son verdict tient en une phrase : les pages qui collent à l’intention de recherche ET au bon marché ont gagné, les autres ont trinqué.
L’autorité brute ne protège plus de rien. Le New York Times et le NIH, l’institut public de santé américain (un peu l’équivalent de notre Inserm), ont reculé malgré leur poids. Pendant ce temps, des sources primaires plus modestes grimpaient sur leurs sujets.
Le cas d’école, c’est Amazon. Sur le marché britannique, le .co.uk gagne 21 %, le .com en perd 55. Même marque, même produit, mais Google sert désormais la version qui parle vraiment à l’internaute local.
Visibilité sur le marché britannique après l’update
Les forums comme Reddit reculent aussi (près de 24 % de perte au Royaume-Uni), quand des places de marché ciblées progressent. Bref, le prestige d’un domaine n’explique plus à lui seul qui rafle la mise.
Pour chaque requête qui compte, repère le type de page qui a grimpé après l’update (guide, fiche produit, forum, page locale) et demande-toi si la tienne est de ce type. Si tu réponds à côté de l’intention, ton autorité ne te sauvera pas.
03La Search Console se met (enfin) à l’IA
La Search Console teste un rapport qui compte tes impressions dans AI Overviews et AI Mode, page par page, pays par pays, jour par jour. Le genre de donnée qu’on réclame depuis que l’IA grignote les clics.
Le hic, et il est de taille : aucune donnée de clic. Tu sais combien de fois Google t’affiche dans une réponse IA, pas combien de gens viennent ensuite chez toi. Google répond qu’il « travaille encore à savoir quelles données seront utiles ». Traduction : patiente.
En face, Bing a déjà sorti un rapport équivalent, mais à l’échelle mondiale. Google, lui, réserve le sien à une poignée de sites britanniques pour l’instant.
Dernier morceau, testé au Royaume-Uni aussi : un bouton pour bloquer ton contenu des fonctions IA sans perdre ton classement classique. Près d’un SEO sur trois le ferait. La pression des régulateurs européens n’y est sûrement pas pour rien.
Bientôt, ta visibilité IA se mesurera dans ton outil habituel. Surveille deux choses : l’arrivée des clics (le vrai nerf de la guerre) et l’ouverture du rapport hors Royaume-Uni.
04Les profils éditeurs débarquent dans Discover
Google officialise les profils éditeurs dans Discover. Avatar, bio, jusqu’à huit liens et huit publications épinglées : ta page de créateur devient une vraie vitrine, avec un handle à toi (profile.google.com/@tonnom).
Pour l’instant, c’est réservé aux États-Unis, et il faut peser lourd. Les seuils donnent le ton.
Abonnés requis pour réclamer un profil (États-Unis)
Officiellement, créer un profil ne change pas ton classement. Mais tes abonnés voient davantage de ton contenu dans Discover, et un onglet Insights (en bêta) te montre clics et impressions. L’air de rien, Google se met à noter les individus, plus seulement les marques.
En France ? Pas de profil personnalisable encore. Mais Google génère déjà des profils automatiques pour les entités qu’il reconnaît. Autrement dit, tu as peut-être déjà une fiche, tu ne la pilotes juste pas.
Prépare dès maintenant ta bannière carrée (1080×1350), ta bio et tes liens taggés en UTM. Le jour où Google ouvre les profils hors États-Unis, tu n’auras qu’à réclamer le tien au lieu de repartir de zéro.
05Acheter des mentions pour l’IA ? Très mauvais plan
Gary Illyes, de Google, a planté le décor au Search Central Live de Sydney. Acheter des mentions de marque pour squatter les réponses IA, c’est exactement comme acheter des liens.
Or les liens achetés, Google les repère, les ignore et annule leur effet depuis des années. Les mentions fabriquées suivront le même chemin. Et rien ne dit qu’une mention, même gagnée proprement, fasse mécaniquement grimper dans l’IA.
Barry Schwartz prévient même que les sanctions tomberaient plus vite qu’à l’époque de Penguin, le filtre anti-liens douteux des années 2010. À ce tarif, le jeu n’en vaut pas la chandelle.
Cela dit, ne mets pas tout dans le même panier. Fabriquer des mentions de toutes pièces, c’est ça que Google traque. Donner un coup de projecteur à un article qui parle déjà bien de toi (le relayer, le pousser un peu), c’est autre chose, et ça reste du jeu propre. La frontière, c’est l’authenticité de la mention.
Payer pour qu’on fabrique des mentions de ta marque partout, en espérant amadouer ChatGPT ou les AI Overviews. Une mention se mérite. Le réflexe gagnant, c’est de te faire citer pour de vraies raisons. Le dernier sujet de ce récap le montre, chiffres à l’appui.
06Un Français sur trois cherche déjà autrement
Une étude Peak Ace sur plus de 1 000 Français pose un chiffre net : 35 % ont changé leur façon de chercher en moins d’un an. Chez la Gen Z, c’est carrément 58 %.
Le glissement vers l’IA générative se voit surtout sur l’actu, les produits et les tutos. 41 % des Français s’en servent déjà, et plus d’un Millennial sur deux.
Part du groupe ayant changé sa façon de chercher en moins d’un an
La confiance dans les moteurs de recherche tient encore, à 70 %. Mais elle s’effrite : près de quatre Français sur dix trouvent les résultats trop génériques, et beaucoup leur reprochent des réponses peu convaincantes.
Le frein numéro un à l’IA reste la fiabilité des sources (42 %), devant la confidentialité des données (37 %). Les gens testent l’IA, mais ils n’ont pas lâché Google pour autant.
Ton audience ne passe plus par un seul canal. Comme le résume Peak Ace, l’enjeu c’est un récit de marque cohérent partout à la fois : Google, IA, réseaux. La visibilité se joue sur les trois en même temps, pas sur un seul.
07DuckDuckGo profite du ras-le-bol anti-IA
Juste après Google I/O, les installations de DuckDuckGo ont décollé aux États-Unis. Jusqu’à 30 % de hausse sur une journée, et près de 70 % sur iOS.
Le déclencheur, c’est la refonte de Google, présentée comme la plus grosse depuis vingt-cinq ans, qui colle les réponses IA devant les liens bleus. Sur les réseaux, certains ont parlé de « mort du web ouvert ».
Hausse des installations DuckDuckGo aux États-Unis
DuckDuckGo a dégainé sa version sans IA et des extensions pour l’imposer par défaut. Son trafic a triplé fin mai. « Les gens veulent juste avoir le choix », résume sa directrice de la communication.
Attention à ne pas s’emballer : DuckDuckGo pèse moins de 2 % du marché américain. Ce n’est pas un raz-de-marée, c’est un signal. Une frange d’internautes commence à fuir l’IA imposée.
Une partie de ton audience pourrait chercher des échappatoires à l’IA. Petit volume aujourd’hui, mais garde l’œil : la lassitude anti-IA est un terrain que les alternatives vont travailler.
08Microsoft lance un moteur pour les robots
Microsoft sort Web IQ, un moteur de recherche qui n’est pas fait pour toi. Il est fait pour les agents IA, ces programmes qui exécutent une tâche à ta place.
Sous le capot, c’est l’index de Bing, mais reconstruit de zéro pour la vitesse : environ deux fois et demie plus rapide que la concurrence, et calibré pour brûler le moins de « tokens » possible (le carburant qui coûte cher à chaque requête IA).
Surtout, la logique change. Un humain tape une requête et regarde le classement. Un agent, lui, lance une rafale de recherches en éventail (le « fan-out »), récupère l’info et la recompose. Le rang exact compte moins que la facilité à extraire ta page.
Le web commence à se bâtir pour des machines qui lisent à ta place. La question n’est plus seulement « est-ce que je me classe ? » mais « est-ce qu’un agent comprend et réutilise ma page facilement ? ». Bonne nouvelle : une grande partie de ces recherches d’agents repassent encore par Google. Garder un SEO carré et une page bien structurée reste ta meilleure porte d’entrée dans l’IA.
09« Ce n’est que du SEO » : le débat qui agace
Un débat agite le métier : le GEO (l’optimisation pour les moteurs à base d’IA) est-il juste du SEO sous un nouveau nom ?
Pour Andrew Holland, répéter « ce n’est que du SEO » arrange surtout ceux qui veulent garder leurs budgets et leurs habitudes. Une formule trop pratique, qui anesthésie le secteur. Comme il le dit, « ce n’est que du SEO a fait énormément de dégâts ».
Le vrai glissement est ailleurs. On ne cherche plus seulement à se classer, mais à être recommandé par les IA, présent et crédible dans leurs réponses. Et sans mot distinct pour le nommer, personne ne débloque de budget : les marchés ne financent pas ce qu’ils ne savent pas nommer.
Reste que SEO et GEO ne s’opposent pas vraiment. Bien se classer sur Google reste un prérequis pour être pioché par les IA, qui s’appuient sur ces mêmes résultats. Le SEO ne meurt pas, il devient la fondation du GEO.
Peu importe l’étiquette. Ce qui change, c’est l’objectif : passer d’une page bien classée à une marque que l’IA cite et conseille. Garde ton SEO solide, mais commence à mesurer où tu apparais (ou pas) dans les réponses IA.
10ChatGPT a eu sa première vraie mise à jour d’algo
Sistrix vient de documenter ce qu’on soupçonnait : ChatGPT a, lui aussi, ses « Core Updates ». Le 23 mai, le passage à GPT-5.5 a tout rebattu.
Le chiffre est solide, pas une impression. En analysant 3,8 millions de réponses, sur 38 jours de relevés, l’outil a vu 47 % des sources citées changer en deux jours. L’ampleur d’une grosse mise à jour Google.
Sources citées par ChatGPT modifiées en 48 h
Et il y a un motif clair. Sur des requêtes en allemand, ChatGPT s’est mis à citer beaucoup plus de sources locales : Reddit grimpe de 59 %, les grands médias allemands explosent, pendant qu’Indeed perd 47 % et Tripadvisor 53 %. Les agrégateurs internationaux dégringolent.
La conclusion de Sistrix est la vraie nouvelle : « ChatGPT n’est plus une nouveauté technique, c’est un système de recherche comme un autre. » Avec ses mises à jour, ses gagnants et ses perdants.
Suivre tes citations dans ChatGPT devient aussi sérieux que suivre tes positions Google. Et la localisation paie : un contenu vraiment ancré dans ta langue et ton marché a plus de chances d’être cité qu’un agrégat générique.
11Google fausse volontairement la géoloc des SERP
Mi-mai, Google a cassé un réglage technique : le paramètre qui permettait de récupérer les SERP françaises depuis un serveur à l’étranger. Beaucoup d’outils de suivi de positions reposent justement là-dessus.
Résultat, leurs données sont devenues fausses. Des mots-clés à gros volume comme « iphone » ou « comparateur assurance auto » remontent n’importe comment, et un site réellement premier peut sembler avoir disparu.
Le plus vicieux : Google ne se contente plus de bloquer les outils, il leur sert sciemment des résultats faux. Certains rank trackers (Monitorank, Ranxplorer) ont corrigé. Beaucoup d’autres affichent encore des tableaux de bord tout propres, sans prévenir que la donnée est pourrie.
Avant de paniquer sur une chute de positions, vérifie que ton outil a bien corrigé le bug. Et recoupe toujours avec la Search Console : elle, au moins, ne te raconte pas d’histoires.
12ChatGPT multiplie par 14 ses liens vers les marques
Une étude Qwairy sur 140 000 réponses le montre noir sur blanc : depuis le 7 mai, ChatGPT s’est mis à lier bien plus souvent vers les sites de marques.
La part de réponses contenant un lien est passée de 0,4 % à 6,2 % en une seule journée, avant de se stabiliser autour de 5 %. Un facteur quatorze. Et seul ChatGPT bouge : ni Perplexity, ni Gemini, ni Copilot.
Part des réponses ChatGPT avec un lien de marque
Comment sait-on que ça vient d’OpenAI et pas d’un bug de mesure ? Chaque lien porte un utm_source=chatgpt.com injecté par OpenAI. Détail clé : quatre liens sur cinq pointent vers la page d’accueil, pas vers une page profonde.
Et la règle d’or n’a pas changé : ChatGPT ne lie que les marques qu’il cite déjà. Parmi les réponses qui mentionnent une marque, 29 % incluent désormais un lien, contre 2 % avant. Pas de mention, pas de lien. Et la mention doit être écrite noir sur blanc : pour une IA, un nom de marque absent du texte n’existe pas, même avec un lien à côté.
Trois gestes. Active le suivi du trafic ChatGPT (filtre utm_source=chatgpt.com dans ton analytics). Soigne ta page d’accueil comme une vraie landing, c’est là que tu atterris. Et surtout, travaille ta présence pour te faire citer : le lien ne vient qu’après la mention.
On se retrouve la semaine prochaine
Voilà pour cette semaine. Le SEO ne tient pas en place, et c’est exactement pour ça que je refais ce tour d’horizon chaque lundi : pour que tu gardes une longueur d’avance sans y passer tes journées. Si tu veux recevoir le prochain récap sans y penser, abonne-toi à la newsletter, je t’y résume l’essentiel du search.