Stéphane Delgado a vingt-cinq ans de SEO derrière lui, j’en ai six. Sur le papier, on représente deux générations de consultants qui devraient se regarder de travers.
Pourtant, pendant 1h30, on s’est retrouvé sur des tonnes de points. On a raconté la même histoire, chacun avec notre expérience et nos mots : ce qui permet à une marque d’être citée dans une réponse d’IA, et le travail que ça demande en amont.
- Format
- Podcast
- Chez
- Le live de Stéphane Delgado
- Diffusé le
- 13 août 2026
- Durée
- 1 heure 23
- Langue
- Français
- Lecture
- 8 min
L’essentiel en 5 points
- Une IA recoupe une information sur plusieurs sources avant de la reprendre. Ce que les autres disent d’une marque pèse donc plus lourd que ce qu’elle écrit sur son propre site.
- Une donnée difficile à trouver est reprise chez quelqu’un qui la présente mieux, même quand on en est la source d’origine. Réorganiser l’existant rapporte plus vite que produire du neuf.
- Le mot-clé ne suffit plus comme point de départ. Les moteurs lisent l’intention derrière une phrase, alors le travail commence par la personne visée et son contexte réel.
- L’IA amplifie le travail fait en amont. Sans corpus ni plateforme de marque, elle produit la moyenne de ce qui existe déjà sur le web.
- Le trafic n’est un bon indicateur que pour les médias qui le monétisent. Quand on vend une prestation, l’indicateur utile devient la qualification des demandes reçues.
« Comment on fait pour devenir une marque que les IA citent ? » C’est la question que Stéphane Delgado pose au bout de dix minutes, et c’est celle qui occupe tout le reste de l’échange.
Elle se pose parce que les AI Overviews, ces réponses rédigées par l’IA de Google au-dessus des résultats, sont arrivées en France le 22 juillet 2026. La personne obtient sa réponse sans cliquer, et les quelques sources affichées ne correspondent presque jamais au top 10 habituel. Autrement dit, un bon classement ne garantit plus la visite, et il faut chercher ailleurs ce qui déclenche la citation.
On a déroulé la réponse en cinq temps, du travail à mener en dehors de son site jusqu’aux indicateurs qui disent vraiment si la stratégie fonctionne.
Une IA vérifie une information sur plusieurs sites avant de citer une marque
Les LLM, ces grands modèles de langage qui font tourner ChatGPT, Gemini ou Perplexity, ne recopient pas la première page venue. Ils vont chercher la même info à plusieurs endroits pour voir si elle est fiable. Ça s’appelle la triangulation, et ça change tout le travail de visibilité.
La conséquence est directe. Sur une question comme « quelle est la meilleure agence SEO à Orléans », l’agence qui l’écrit sur son propre site ne convainc personne. Il faut que d’autres sources, hébergées ailleurs, racontent la même chose.
Pour être citée, une marque doit raconter exactement la même chose partout où elle apparaît :
- le site et les pages de présentation
- les réseaux sociaux
- les interviews et les articles écrits par d’autres
- les annuaires professionnels et les bases de données ouvertes
Wikidata mérite un mot à part. C’est la base de connaissances libre qui alimente le Knowledge Graph de Google, et elle est bien plus facile d’accès que Wikipédia, où il faut avoir fait ses preuves comme contributeur avant de pouvoir toucher à quoi que ce soit. On y met exactement les mêmes infos que dans les données structurées du site. Si les deux se contredisent, l’IA ne sait plus qui croire et elle va voir ailleurs.
L’exemple
Stéphane Delgado a construit ses premières citations avec une trentaine d’autres consultants SEO. Ils se sont cités mutuellement dans leurs contenus, chacun classant les autres dans ses propres pages.
Le calcul est simple. Beaucoup de professionnels demandent aujourd’hui à une IA de leur produire un classement des meilleurs consultants d’un secteur. Le modèle va chercher les listes qui existent déjà, et il retrouve les mêmes noms d’un site à l’autre.
La mécanique est celle du netlinking, transposée aux réponses génératives. Plus un nom circule sur des pages tierces, plus il a de chances d’être repris.
Un contenu mal rangé fait citer un concurrent à ta place
Quand la visibilité baisse, le premier réflexe c’est d’écrire de nouveaux articles. Pourtant, réoptimiser une page existante donne des résultats bien plus vite que de repartir de zéro. Avant de créer quoi que ce soit, trois vérifications sur le contenu déjà en ligne :
- repérer les pages qui plafonnent en deuxième page alors qu’elles ont du potentiel
- vérifier que le contenu répond toujours à l’intention de recherche derrière la requête
- faire une photographie honnête de ce qui est déjà en ligne, page par page
L’exemple
Aux États-Unis, une recherche sur la consommation de carburant d’un pick-up Ford déclenche une réponse générative. Elle cite un concessionnaire local et un magazine automobile.
Ford n’apparaît nulle part, alors que la donnée est bien sur le site du constructeur et que la marque a toute l’autorité voulue pour parler de ses propres véhicules. Le site est juste trop touffu. L’IA économise ses ressources, donc elle va chercher l’info là où elle s’attrape facilement, chez quelqu’un qu’elle juge aussi fiable.
Une marque peut donc être à l’origine d’une info et regarder quelqu’un d’autre récolter la citation.
Une info pénible à extraire pour une machine l’est aussi pour un humain qui doit cliquer six fois avant de tomber dessus. Ranger sert les deux en même temps.
Le persona passe avant le mot-clé dans une stratégie de contenu
Les moteurs savent maintenant lire l’intention derrière une phrase entière. Du coup, choisir un mot-clé pour son volume sans savoir qui le tape ni pourquoi, ça n’a plus beaucoup d’intérêt.
La méthode qui s’essouffle
- partir d’une liste de mots-clés triée par volume
- un persona réduit à un âge et un métier
- publier vite et voir ce qui remonte
- viser large pour attraper du trafic
Ce qui fonctionne aujourd’hui
- partir de la personne et de la question qu’elle se pose
- connaître son niveau de compréhension du sujet
- choisir le format selon le moment où elle cherche
- viser précis, quitte à publier moins souvent
Quelqu’un qui dépose deux enfants à l’école puis enchaîne trente minutes de métro ne lira pas un article de fond. Il lui faut un contenu court, consommable dans ce créneau, qui l’amène progressivement au sujet.
De là vient un conseil que je donne souvent et qui surprend toujours, parce que tout le monde est pressé : ne pas publier tout de suite. Regarder d’abord ce qu’il faut publier, puis créer. Ce qui ne veut pas dire passer six mois sur des études sociodémographiques avant d’écrire une ligne.
L’IA amplifie la stratégie de contenu qui existe déjà
L’IA n’a rien de magique, c’est un effet de levier. Elle multiplie ce qu’on lui donne, dans un sens comme dans l’autre. Un travail bâclé au départ sort du contenu médiocre, juste plus vite. Une stratégie posée en amont fait aller beaucoup plus loin.
Pour que l’IA produise des contenus de qualité, 4 éléments sont indispensables :
- la plateforme de marque
- le ton de voix
- les données propres à l’entreprise
- l’objectif visé par le contenu
Sans ce contexte, un modèle sort la moyenne de ce qu’il connaît. Le texte ressemble à celui du concurrent, avec les mêmes images de banque par-dessus.
L’exemple
Stéphane Delgado a refait son site entièrement avec l’IA, images comprises, et le résultat tient debout.
Il y a passé des heures à écrire ses prompts et à imposer une cohérence visuelle d’une page à l’autre. C’est ce travail-là qui fait la différence, pas l’outil.
Le trafic SEO ne dit plus si la stratégie fonctionne
Reste la question des indicateurs. Le trafic organique et les positions ont longtemps servi de tableau de bord, y compris pour fixer les objectifs des équipes marketing. Avec les réponses générées, une page empile les impressions sans le moindre clic, parce que la réponse reste dans le moteur.
Pour un média qui vit de sa publicité, le volume reste le nerf de la guerre. Pour une entreprise qui vend un produit ou une prestation, ce qui compte est ailleurs : combien de demandes arrivent, de quelle qualité, et combien finissent en contrats. Sur ce point je suis catégorique, le trafic est une métrique de vanité, exactement comme le nombre de vues sur un réseau social.
Les vues du second compte TikTok de Stéphane Delgado, où il filme des objets au microscope. Ses lives consacrés au SEO réunissent une trentaine de personnes, et ce sont eux qui lui apportent des contrats.
Ce qu’on retient de cet échange sur le GEO
Pour qu’une marque soit citée par ChatGPT, Perplexity ou les AI Overviews de Google, le travail se passe sur 4 chantiers :
- un message identique sur le site, les réseaux sociaux, les annuaires et les bases de données ouvertes comme Wikidata
- des informations rangées et faciles à extraire, y compris sur les pages déjà en ligne
- une audience connue assez finement pour lui parler au bon moment et dans le bon format
- des indicateurs qui mesurent les demandes entrantes et les contrats signés, plutôt que le volume de trafic
Le GEO, cette optimisation pour les moteurs à base d’IA, ne remplace donc pas le SEO. Il ajoute une couche de travail hors du site, là où les modèles vont chercher leurs preuves avant de prononcer un nom de marque.
Les citations à retenir
« Si on est le seul à dire à quel point on est formidable, c’est quand même un petit peu louche. »Nelly Kempf, Le live de Stéphane Delgado
« L’IA n’est pas magique, c’est un effet de levier. Si tu es nul, elle te rendra nul plus vite. Si tu prends le temps de réfléchir avant, elle te fait aller beaucoup plus loin. »Nelly Kempf, Le live de Stéphane Delgado
« L’IA sans contexte n’est capable de produire que la moyenne de ce qu’elle connaît. »Nelly Kempf, Le live de Stéphane Delgado
« Je gagne mille fois plus ma vie avec trente personnes en live qu’avec deux cent mille. »Stéphane Delgado
L’hôte et l’invitée
Stéphane Delgado
Consultant SEO indépendant installé à Bordeaux, Stéphane Delgado pratique le référencement depuis vingt-cinq ans, longtemps derrière ses propres sociétés avant de prendre la parole publiquement.
Il a conçu BotSEO, une plateforme de six agents IA dédiés au SEO et au GEO, et publié « SEO-GEO : la fin du classement, l’ère de la citation ». Il anime des lives d’analyse de sites, surtout sur TikTok, où il commente en direct le référencement des personnes qui se présentent.
Nelly Kempf
Consultante SEO, GEO et acquisition, autrice et conférencière, je vulgarise le SEO et je le relie au marketing et au branding, sur scène (Parc des Princes, Disneyland Paris, Grand Rex) comme dans mes livres.
J’ai créé Next Gen SEO, la méthode en 6 mois pour devenir visible dans Google et les IA grâce à une marque forte.