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Inès Sivignon et Nelly Kempf : on démêle le vrai du faux du GEO

Sur le GEO, on entend tout et son contraire, et une bonne partie n’a jamais été vérifiée nulle part. Avec Inès Sivignon, fondatrice de l’agence DigiScript, on a pris les questions que nos deux audiences nous avaient envoyées et on y a répondu en direct.

On a passé en revue les indicateurs qui mesurent une visibilité dans les IA, ce qui change vraiment dans un contenu, et la différence entre un backlink et une mention de marque. On a aussi parlé du contenu rédigé avec l’IA, de la place des petites marques face aux grandes et de l’avenir du site internet.

En un coup d’œil
Format
Live de questions-réponses
Live
Les vrais / faux du GEO
Diffusé le
28 septembre 2026
Durée
1 heure 14
Langue
Français
Lecture
13 min

L’essentiel en 5 points

  • La visibilité dans les IA se suit avec toujours le même outil. D’un outil à l’autre, les statistiques ne concordent pas encore, et seule la courbe d’un même outil dit si les actions portent.
  • Une IA ne suit pas les liens comme Google. Elle lit des mentions de marque, c’est-à-dire le nom de la marque écrit en toutes lettres dans un texte.
  • Un contenu clair pour un lecteur humain l’est aussi pour une IA. Les ajouts utiles sont un résumé en tête d’article, la réponse au début de chaque section et une FAQ formulée comme une question posée à une IA.
  • Google et les IA jugent la qualité d’un contenu, pas l’outil qui l’a rédigé. Un article écrit avec l’IA se classe quand il repose sur une vraie expertise et qu’il a été relu par quelqu’un qui connaît le sujet.
  • Une petite marque peut passer devant une grande dans les réponses des IA quand son positionnement est précis et que ses informations sont faciles à extraire.

La visibilité dans les IA se mesure sur la présence, la lisibilité technique et l’impact business

Pendant longtemps, le suivi SEO reposait sur quelques chiffres stables : les positions, le trafic, les impressions et le taux de clic. Dans les IA, on regarde des parts de voix et les prompts sur lesquels une marque ressort. C’est plus abstrait, et deux outils branchés sur la même marque ne donnent pas encore le même chiffre.

La règle d’Inès sur les outils de suivi

Inès utilise surtout BotRank, et Qwairy qu’elle trouve plus accessible. Elle conseille de garder le même outil dans la durée. Comme ils ne sortent pas les mêmes statistiques, seule l’évolution mesurée par un même outil a du sens.

De mon côté, j’utilise Qwairy, et des outils maison que je donne aux personnes que j’accompagne. Je regarde trois piliers.

  • La présence : les mentions, la part de voix, le sentiment associé à la marque, et l’exactitude de ce que l’IA raconte sur elle, parce qu’elle invente souvent.
  • La lisibilité technique, l’équivalent de l’audit technique en SEO. Je vérifie que les robots lisent les pages sans difficulté, que l’entité de marque est comprise partout et qu’une réponse se détache proprement du texte.
  • L’impact : la part du trafic qui vient des IA, la hausse des recherches de marque, et ce que les clients répondent quand je leur demande comment ils m’ont connue. Quelqu’un qui tape « vélo électrique Decathlon » a déjà choisi Decathlon.

J’ai détaillé cette grille dans mon article sur la mesure de la visibilité dans les IA.

Pour savoir d’où vient un client, le plus fiable reste de lui poser la question.

Le GEO repose sur un bon SEO, avec quelques critères qui pèsent plus lourd

Inès voit le GEO comme une évolution du SEO. Un site rapide, lisible sur mobile et indexable, des contenus qui répondent à une vraie intention de recherche et une autorité construite par les backlinks continuent de fonctionner dans les IA. Certains critères pèsent simplement plus lourd qu’avant.

  • Le résumé en tête d’article, qui dit au robot comme au lecteur qu’il est au bon endroit.
  • Une structure nette, qui passe par un sommaire cliquable, des H2 et des H3 bien construits, des tableaux et des visuels.
  • Une FAQ conversationnelle en fin d’article. Sur Google, on tape « photographe Lyon ». À une IA, on demande quel est le meilleur photographe de Lyon pour un mariage dans un grand domaine.
  • L’écosystème autour de la marque, avec ses interviews, ses citations et sa présence sur les réseaux. Une marque citée une quinzaine de fois ailleurs prend l’avantage sur un concurrent qui n’a que son site.

J’ajoute la preuve d’expertise, sur la page auteur et dans les données structurées, le balisage que lisent les moteurs. Plus les indices convergent, plus l’IA comprend qu’on a la bonne réponse et qu’on est légitime pour la donner.

Ça demande aussi d’être cohérent partout. Publier le lundi sur la culture des tomates et le mardi sur la fusion nucléaire brouille l’IA, même avec deux articles parfaitement optimisés. Et un chiffre se reprend à l’identique : une étude qui dit 74 % ne devient pas « environ 70 % » dans l’article suivant.

Le mantra d’InèsUn bon SEO mène à un bon GEO

Une IA lit une mention de marque là où Google suivait un lien

Google suit les liens depuis toujours. Il transmet ce qu’on appelle le jus de lien, un peu d’autorité qui passe du site A au site B. Les IA n’en sont pas capables : elles lisent des mentions, le nom de la marque écrit en toutes lettres dans un texte.

« Le vélo électrique de Decathlon » est une mention. « Le vélo de la marque au logo bleu et blanc » n’en est pas une, même si tout le monde a compris. Une ancre floue pouvait fonctionner pour un backlink, elle ne sert à rien pour être cité.

Inès en tire une conséquence sur le budget. En GEO, les backlinks ne sont plus la cerise qu’on s’offre quand il reste de l’argent, ils se prévoient dès le départ. Certains liens sur de gros médias coûtent cher, mais les partenaires, les clients et les métiers complémentaires en fournissent aussi. Le web designer et le rédacteur, le SEA et le SEO, ou un article échangé contre un article.

Des mentions qui ne passent pas par un écran

Mes conférences me rapportent des liens depuis la page de l’événement, puis des mentions quand des participants racontent ce qu’ils ont retenu. Ma pensée circule alors avec les mots de quelqu’un d’autre.

Ça fait trois ans que je fais le Cahier de vacances du SEO, un objet papier envoyé par la poste. Les gens le prennent en photo à la plage et le postent, et ces mentions valent autant qu’un lien acheté sur une plateforme.

Un contenu écrit pour les IA reste un contenu écrit pour un humain

Il y a une dizaine d’années, certains bourraient leurs pages de mots-clés ou écrivaient en blanc sur fond blanc. Ces pratiques ont disparu parce que personne n’a envie de lire un texte écrit pour les robots. Écrire spécialement pour les IA suit la même logique, puisque c’est toujours un humain qui lit à la fin.

Ce qui change, c’est la réorganisation de l’existant : un résumé en haut de page, la réponse au début de chaque H2, une FAQ, parfois un petit outil interactif en tête d’article quand le sujet s’y prête. Les IA ne lisent pas les sens cachés, donc les métaphores qu’on glissait autour d’un mot-clé perdent de leur force. J’écris désormais comme je parlerais à un ami, et c’est aussi plus agréable à lire.

Inès le formule dans l’autre sens : si c’est clair pour un lecteur, c’est clair pour une IA. Et si l’internaute clique après avoir vu la marque citée, il faut encore qu’il tombe sur une page digeste, sinon tout l’effort de visibilité part à la poubelle.

Trouver ses sujets dans les mots des clients

Les outils de suivi proposent des prompts et des questions sur lesquels se positionner, et l’agence d’Inès s’en sert pour choisir les prochains articles de ses clients.

J’enregistre mes appels avec mes clients, mes prospects et mes partenaires, et je fais ressortir des transcriptions les douleurs récurrentes et le vocabulaire exact. C’est comme ça que j’ai vu que les gens parlent beaucoup plus de « visibilité dans les IA » que de GEO, et j’ai changé mon vocabulaire en conséquence.

Les mots exacts de mes clients me donnent une source infinie de sujets.

Google et les IA jugent la qualité d’un contenu, pas l’outil qui l’a rédigé

Aucun algorithme ne pénalise un contenu parce qu’il a été rédigé avec l’IA, selon Inès. Un article fade, sorti d’un prompt pauvre et sans expérience du sujet, n’intéresse ni les IA ni les lecteurs. Le même outil, bien briefé et relu par quelqu’un qui ajoute ses exemples et son expertise, produit des articles qui se classent en première position.

Je crée aujourd’hui tout mon contenu avec l’IA, et on est loin d’un bouton sur lequel appuyer. Le travail commence avant, avec le territoire de marque, le persona, les angles et les jobs to be done, c’est-à-dire les problèmes que le prospect cherche à résoudre. Je nourris ensuite l’IA d’un corpus que j’ai validé : mes articles, mes conférences, mes livres, les transcriptions de mes lives, et des études que j’estime fiables.

Plusieurs de ces articles, relus et complétés à la main, sont cités dans les AI Overviews et dans l’AI Mode, sur mon site comme chez mes clients.

Ce que ça change pour les rédacteurs

Des agences vendent déjà à leurs clients des agents IA construits sur leur problématique, pour qu’ils produisent eux-mêmes leurs contenus. Je pense que la rédaction telle qu’on l’a connue n’a pas de beaux jours devant elle, et Inès partage cet avis. C’est ce qui l’a fait passer de rédactrice à agence, parce que ses clients lui achètent désormais l’audit, la stratégie et le suivi.

Une IA sans expertise humaine derrière produit une stratégie qui a l’air carrée et qui invente

Un abonnement à 20 euros par mois et un prompt de cinq lignes ne remplacent pas une stratégie SEO. L’IA sort un très beau tableau, et quand on gratte sous la surface, il n’y a rien.

L’agent qui a inventé pour paraître crédible

Peu avant ce live, je préparais un calendrier éditorial avec mon agent démultiplicateur. Il part d’un contenu pilier, en extrait une quinzaine d’angles et les décline en posts. Connecté à mes données, il m’a expliqué qu’une newsletter était déjà partie sur un de ces angles et que mes carrousels Instagram marchaient moins bien.

Je connais mon contenu, je savais que c’était faux. Quand je lui ai demandé pourquoi, il a écrit noir sur blanc qu’il n’avait pas vérifié les données et qu’il avait inventé pour que le résultat paraisse crédible.

Inès voit le même problème quand des gens viennent lui montrer leur site après une conférence. Dans la grande majorité des cas, ils ont tout demandé à Claude ou à ChatGPT sans savoir à quoi ressemble une bonne stratégie. Elle tombe alors sur des URL mal pensées et des contenus de 300 mots avec deux H2.

Des données structurées qui n’existent pas

Chez un grand compte que j’accompagne, le directeur informatique a envoyé des recommandations de données structurées rédigées par une IA. L’intention était bonne. Sauf que l’IA avait inventé des catégories qui n’existent dans aucun référentiel, et que tout ce qui existait vraiment était déjà en place sur le site. Sans connaître le sujet, personne ne repère l’erreur.

Le mantraL’IA est un stagiaire de troisième à qui il faut tout expliquer

Une petite marque bien positionnée passe devant une grande dans les réponses des IA

Être une grande marque aide, mais ça ne suffit pas toujours. En cherchant la consommation d’un Ford Raptor aux 100 km, je suis tombée sur des AI Overviews qui citaient un garage local et un magazine automobile, pas Ford. Ford a forcément l’information, sauf qu’elle est noyée dans une montagne de pages que personne chez Ford n’a rangées pour qu’une IA la retrouve facilement. Les IA sont allées la chercher chez une source plus simple, qu’elles jugeaient fiable elle aussi.

Ford parle à tout le monde à la fois. Un couvreur spécialisé dans les bâtiments historiques de la presqu’île de Lyon répond à une question beaucoup plus précise. Avec un positionnement clair et lisible, il a toutes ses chances d’être cité.

Je travaille seule, sans équipe marketing, et Google affiche pourtant un panneau d’informations sur moi, le knowledge graph, pendant que les IA me citent dans leurs réponses. Ça vient d’un travail cohérent sur toutes les plateformes, avec les mêmes messages sur mon site, sur LinkedIn et en live.

Je conseille aussi de travailler le GEO dès le début, même quand le SEO est encore récent. Les deux se complètent, et les résultats peuvent arriver plus vite dans les IA, qui privilégient les contenus frais et les réponses très précises à la question posée.

Sur sa propre voiture, Ford s’est fait prendre la place par un garage local.

Le site internet devient l’endroit où le client vérifie la marque avant de payer

Je ne crois pas à la fin des sites internet. Peu importe par où les gens arrivent, la dernière étape a encore lieu sur le site, parce qu’on a besoin d’être rassuré sur une marque avant de sortir sa carte bancaire. On achète un top à 10 euros sur TikTok Shop, on n’y fait pas un investissement sérieux.

Le site voit passer un peu moins de monde, et ceux qui arrivent ont souvent déjà choisi : ils viennent vérifier qu’ils ne se trompent pas. Ils y cherchent un parcours clair, des avis clients, des témoignages et les logos des marques avec lesquelles on a travaillé.

Inès le constate dans sa propre famille : ses parents trouvent anxiogène d’entrer leur carte bancaire sur un site, et elle n’est pas sereine non plus à l’idée d’acheter dans une IA. Un site sécurisé, en revanche, lui inspire confiance. Tout accompagnement GEO finit d’ailleurs par un travail sur le site.

On découvre une marque ailleurs, et c’est sur son site qu’on décide de lui faire confiance.

Ce qu’on retient de ces questions sur le GEO

Inès et moi sommes tombées d’accord sur presque tout. Le GEO demande de faire le SEO sérieusement, puis de construire la marque bien au-delà du site. Chaque raccourci finit par se voir : une IA laissée seule invente, et un contenu fade ne rapporte rien, qu’il sorte d’un humain ou d’une machine.

J’utilise des agents toute la journée, bornés, vérifiés et surveillés, comme des stagiaires de troisième dopés à la caféine. Ils travaillent matin, midi et soir, et ils sont aussi capables de partir complètement à côté de la plaque. J’ai refait tout mon site avec l’IA et Claude Design, avec une checklist de vérifications SEO et GEO longue comme le bras, parce que sans garde-fous, rien ne marche.

Quelqu’un doit quand même savoir de quoi il parle pour briefer la machine et relire ce qu’elle sort. Soit tu paies cette personne, soit tu te formes pour devenir cette personne.

Les citations à retenir

« Il faut différencier la façon dont on a créé un contenu et la valeur de ce contenu. Si c’est un bon contenu, peu importe comment il a été fait. »Nelly Kempf, Les vrais / faux du GEO
« Si c’est compréhensible pour vos lecteurs, ce sera compréhensible pour les IA. »Inès Sivignon, Les vrais / faux du GEO
« En GEO, les backlinks ne sont plus une cerise sur le gâteau, c’est devenu un incontournable. »Inès Sivignon, Les vrais / faux du GEO
« Le site internet, c’est le hub de la confiance. Peu importe la façon dont les gens arrivent, la dernière étape se fait encore sur le site. »Nelly Kempf, Les vrais / faux du GEO

Les sources citées

Les speakers

Inès Sivignon

Inès Sivignon

Inès Sivignon a commencé en 2019 comme rédactrice web SEO indépendante. Elle a ensuite fondé DigiScript, une agence SEO et GEO basée à Lyon qui accompagne des entreprises francophones en France, en Suisse, en Belgique et au Canada.

Son équipe prend en charge les audits, la stratégie, la création de contenu et les backlinks, pour des clients qui vont de DocuSign à des marques lyonnaises de cinq personnes.

Nelly Kempf

Nelly Kempf

Consultante SEO, GEO et acquisition, autrice et conférencière, je suis arrivée au référencement par mes propres entreprises. Installée au Mexique, j’avais besoin de clients, alors j’ai commencé à me former le soir sur le blog de LiveMentor.

Je partage mon temps entre la prestation, la création de contenu et Next Gen SEO. C’est mon accompagnement de six mois pour les consultants et les marketeurs qui veulent comprendre ce que l’IA change à leur métier. Mon deuxième livre, « SEO : devenez incontournable sur le Web », est paru chez Vuibert en 2026.

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