Je n’ai jamais passé un seul appel de prospection de ma vie. C’est ma plus grosse angoisse, et je détesterais ça.
Pourtant les clients arrivent, presque tous par LinkedIn. Bilkher Diakhaté m’a fait ouvrir mon profil en direct dans BizCare pour démonter la mécanique, section par section, chiffres à l’appui.
- Format
- Podcast
- Chez
- BizCare
- Diffusé le
- 26 juin 2024
- Durée
- 1 heure 15
- Langue
- Français
- Lecture
- 8 min
L’essentiel en 5 points
- Un seul canal travaillé sérieusement bat trois canaux tièdes. Pas de site, pas de prospection, pas de newsletter au départ. LinkedIn, et rien d’autre.
- Le profil LinkedIn se traite comme une page de vente. Les gens arrivent par les posts, puis cliquent sur le profil. S’ils ne comprennent pas l’offre en trois secondes, ils passent au suivant.
- Les deux millions d’impressions en un an ne viennent d’aucun post viral. Le meilleur plafonne à 100 000, les autres tournent entre 30 000 et 60 000, et le reste est de la régularité.
- Sur le marché français, les posts d’expertise convertissent mieux que le storytelling personnel. Les infographies et les carrousels marchent, les récits de vie beaucoup moins.
- Le nombre d’abonnés ne définit pas la valeur. Semrush est venu me chercher quand j’en avais 2 000, parce qu’il y avait une patte reconnaissable.
Miser sur un seul canal d’acquisition plutôt que d’en ouvrir cinq
Je ne me suis jamais inscrite sur Malt ni sur Upwork. J’aurais été noyée au milieu de milliers de rédacteurs et de consultants SEO, sélectionnés uniquement sur le prix. Et depuis le Mexique, ces plateformes demandaient des justificatifs que ma structure locale ne pouvait pas fournir.
Alors je me suis dit que j’allais me rendre visible autrement. Pas de site, pas de prospection, pas de newsletter au départ. LinkedIn, et rien d’autre.
Ce choix a une conséquence directe. Si tu décides qu’un canal est central, tu y passes du temps chaque semaine, sur un créneau bloqué dans ton planning. Pour moi, c’est tous les matins avant de commencer à travailler.
Rien n’oblige à choisir LinkedIn. Beaucoup de gens font énormément de business sans y être. La question est de savoir si tu en fais ton canal d’acquisition, et d’assumer le temps que ça demande.
Le profil LinkedIn se travaille comme une page de vente
Les gens te découvrent par un post qui passe dans leur fil. S’ils veulent en savoir plus, ils cliquent sur ton profil. Et là, s’ils ne comprennent pas ce que tu fais, ils passent au suivant. Personne ne fera l’effort de deviner ta proposition de valeur.
Les éléments à soigner en priorité :
- la bannière, qui dit en quelques mots ce que tu proposes ;
- la photo de profil, identifiable au premier coup d’œil ;
- la tagline, qui porte la proposition de valeur sans détour ;
- la sélection en mode créateur, avec trois liens vers ce que tu veux vraiment pousser.
Sur ma bannière, je ne vends pas mes prestations. Je pousse mon e-book et ma newsletter, parce que ce sont mes vraies portes d’entrée. Le produit d’appel permet aux gens de me connaître, et les prestations viennent après.
Ma sélection renvoie vers ces trois destinations, avec la même typographie et la même mascotte partout. Un profil cohérent raconte quelque chose avant même qu’on lise une ligne.
La régularité fabrique l’audience, le post viral ne fait rien
Mes chiffres au moment de cet épisode : 10 000 abonnés en 18 mois et deux millions d’impressions sur un an. Entre 3 000 et 7 000 euros de chiffre d’affaires mensuel viennent de là.
Aucun de ces chiffres ne vient d’un coup d’éclat. Mon post le plus vu plafonne à 100 000 impressions, les bons tournent entre 30 000 et 60 000, et certains font 3 000. C’est l’accumulation qui produit le résultat.
Le démarrage a été laborieux. Un challenge d’un mois à poster tous les jours, en y passant des heures, sans savoir quoi raconter ni quel format utiliser. Quinze likes par post. Il m’a fallu trois mois pour trouver ma routine.
Ce qui m’a sauvée, c’est de ne pas m’arrêter là. Et de regarder chaque post comme un test. Celui-ci a marché, est-ce que je peux en refaire un du même genre ? Celui-là a floppé, est-ce le sujet, la forme, ou le moment où je l’ai posté ?
Le nombre d’impressions n’a jamais été ma métrique. Ce qui compte, c’est de savoir si j’ai apporté quelque chose et si on me contacte derrière. Un post viral sur le fait que je travaille sous les palmiers ne m’apporte aucun client.
Sur le marché français, l’expertise convertit mieux que le récit personnel
Beaucoup de coachs LinkedIn conseillent de commencer par des posts très grand public pour gagner en visibilité, puis de passer à l’expertise pour convertir. Chez moi, c’est l’inverse qui se produit.
Quand je raconte ma vie, les gens s’en désintéressent. J’ai pourtant essayé, en me disant que vivre au Mexique intriguerait. Pas tant que ça. Ce sont les infographies qui marchent le mieux, suivies des carrousels.
Le carrousel du lundi sur les nouveautés SEO n’a rien donné pendant deux mois. Quinze likes, trois commentaires, et personne ne comprenait pourquoi je le faisais. J’ai continué parce que ça m’obligeait à faire ma veille correctement. C’est devenu mon format le plus performant.
Un dernier détail de forme qui compte. Je ne publie plus de post en texte seul. Un visuel, même simple, occupe plus de place dans le fil et se remarque davantage.
Un branding différenciant remplace l’ancienneté et le prix
Des consultants SEO, des rédacteurs web et des graphistes, il y en a des tonnes. Tu peux te différencier par le prix, mais tu passes ta vie à tirer tes tarifs vers le bas. Tu peux te différencier par vingt ans d’expérience, sauf que je ne les ai pas.
Restait une troisième voie. Le SEO est perçu comme un métier de chiffres bruts et d’analytics, alors j’ai posé un dromadaire en cartoon et des couleurs pastel. Personne ne s’attend à ça sur ce sujet.
Le résultat dépasse la reconnaissance visuelle. Des gens m’envoient des selfies avec des dromadaires. Des prospects arrivent en DM en me disant qu’une personne leur a recommandé mon travail, et je n’ai aucune idée de qui il s’agit.
Semrush m’a contactée quand j’avais 2 000 abonnés. Je n’étais pas visible, mais il y avait déjà une singularité. Le nombre d’abonnés ne définit pas ta valeur.
Tout ce qui se refait plus de deux fois devient un modèle
Le carrousel du lundi me prend quarante minutes, et les gens imaginent des journées entières de travail. La différence tient au process.
Ma veille arrive dans Feedly, qui agrège les flux RSS de mes sources SEO. Abondance, Search Engine Journal, Search Engine Roundtable, les publications officielles de Google. En fin de semaine, j’ouvre l’outil, je repère ce qui compte, un plugin me résume l’article, je lis, j’extrais.
Le reste est déjà fait. Le gabarit Canva est monté, aligné, à ma charte. Une page de titre avec une image et quelques mots par nouveauté, une page de détail derrière. Même les illustrations sont piochées dans une banque d’images que je réutilise d’une semaine à l’autre.
Ça vaut au-delà du carrousel. Un graphiste qui refait régulièrement des bannières de profil peut templatiser sa présentation. Une étude de cas se templatise. Dès que je sais que je vais refaire une chose, la première fois sert à construire le modèle.
Dire ce qu’on vend, parce que personne ne le devinera
Tu n’es pas sur LinkedIn pour perdre ton temps. Tu as quelque chose à vendre, des prestations, de la crédibilité, ou des invités de podcast à trouver.
C’est mon point faible. Je pourrais faire beaucoup plus de chiffre avec mon livre, sauf que je n’en parle presque jamais dans mes posts. Les gens ne vont pas deviner tout seuls ce que j’ai à leur proposer.
La preuve arrive avec la newsletter. Le mercredi qui précède chaque envoi, je publie un post dont le CTA est de s’inscrire, et j’ai systématiquement un pic d’inscriptions. Même dans ce post-là, il y a une astuce à emporter pour qui ne s’inscrit pas.
Sur le lien, mon test est simple. Quand le post existe pour vendre, le lien va dans le post. Quand c’est accessoire, il va en commentaire. Je n’ai jamais mesuré d’écart de portée entre les deux.
Ce qu’on retient de cet échange sur LinkedIn et le SEO
Ce qui rend LinkedIn rentable ressemble beaucoup à ce qui rend le SEO rentable. Publier pour attirer les gens que ça intéresse, tenir dans la durée, et laisser les effets composés faire leur travail. Une plateforme diffuse autrement, la logique reste la même.
Les gens qui me contactent ont déjà lu plusieurs posts. Ils connaissent ma façon de travailler et ma valeur ajoutée. Le message tient en une phrase : j’ai besoin de toi, on peut se caler un appel ? Je n’ai personne à convaincre.
C’est exactement ce que la prospection ne produit jamais.
Les citations à retenir
« Ton profil, il faut vraiment le voir comme une page de vente. »Nelly Kempf, BizCare
« Le nombre d’abonnés ne vient pas définir ta valeur. »Nelly Kempf, BizCare
« Du moment que tu fais quelque chose plus de deux fois, tu as intérêt à faire un template. »Nelly Kempf, BizCare
« Aujourd’hui le SEO est vu comme un métier chiant. À partir du moment où tu sors du lot et que tu vulgarises, tu peux faire des belles choses. »Bilkher Diakhaté, BizCare
L’hôte et l’invitée
Nelly Kempf
Nelly Kempf est consultante SEO, GEO et acquisition, installée au Mexique depuis 2019. Elle est arrivée au référencement après avoir créé puis fermé deux entreprises sur place.
Elle vulgarise le SEO sur LinkedIn et dans sa newsletter La Dépêche du Search. Elle a écrit « Le SEO depuis zéro » et « Devenez incontournable sur le Web ». Elle accompagne des consultants expérimentés avec la méthode Next Gen SEO.
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