Une heure trente devant une salle de responsables marketing, de freelances et de gens qui n’avaient jamais touché au SEO. Le thème : le mythe du SEO technique.
Le SEO traîne une réputation de boîte noire réservée aux développeurs. Sur scène, avec Camille Dufossez qui a ouvert sur les fondamentaux, j’ai démonté cette idée en partant du parcours d’achat réel des gens, celui qui passe par TikTok, ChatGPT et les avis Amazon avant d’arriver sur un site.
- Format
- Conférence
- Événement
- Success Marketing
- Sur scène le
- 25 septembre 2025
- Sur scène
- 1 heure 30
- Langue
- Français
- Lecture
- 10 min
L’essentiel en 5 points
- La technique, le contenu et la notoriété restent les trois piliers du SEO. Ils ne suffisent plus à eux seuls, parce que le parcours d’achat a quitté Google.
- Les signaux E-E-A-T pèsent plus lourd que les balises : expérience vécue, expertise, autorité reconnue ailleurs et confiance.
- Une marque devient une entité quand Google comprend qui elle est. Tout s’enchaîne ensuite : extraits enrichis, Knowledge Graph, fiche d’établissement.
- Le modèle 5-3-1 transforme un contenu pilier en cinq idées, trois formats et un système cohérent.
- Le SEO se mesure jusqu’au CRM : scroll profond, leads par contenu, téléchargements de lead magnets, rendez-vous pris.
Les trois piliers du SEO restent valables, mais ils ne suffisent plus
Le SEO, c’est l’ensemble des techniques qui font apparaître un site en haut des résultats sans payer de publicité. On le confond souvent avec le SEA : le référencement payant est immédiat et s’arrête dès qu’on cesse de payer, le naturel prend plus de temps et dure.
Trois piliers portent l’ensemble :
- la technique, la fondation de la maison : vitesse de chargement, navigation claire, compatibilité mobile, code propre. Un site qui met cinq secondes à charger perd l’immense majorité de ses visiteurs avant même l’affichage de la page.
- le contenu, qui doit répondre à l’intention de recherche. « Sushis maison » appelle une recette, « sushi Paris » une liste de restaurants, « Sushi Shop » le site de la marque. Rater l’intention, c’est produire un contenu hors sujet.
- la notoriété : liens entrants, mentions de marque, avis clients. Marmiton domine parce que des centaines de sites renvoient vers ses recettes, et chaque lien fonctionne comme un vote.
Ces fondamentaux restent 100 % vrais. Ce sont les fondations de la stratégie, et rien de ce qui suit ne les remplace.
Le parcours d’achat a quitté Google, et le SEO doit le suivre
L’humain doit rester au centre, parce que l’objectif premier d’un moteur de recherche est que l’utilisateur soit content. Google vient après. Sauf que s’arrêter à l’optimisation de son site ne suffit plus.
Il faut sortir du postulat SEO = Google = site internet. Les usages ont totalement changé, et le parcours est devenu chaotique, émotionnel, fragmenté. Google appelle ça le Messy Middle : entre le déclencheur et l’achat, les gens oscillent entre exploration et évaluation, par petits morceaux. Je veux savoir, je veux comparer, je veux être rassuré, je veux passer à l’action. Ça dure quelques minutes ou plusieurs semaines.
Le cadeau de mon frère
Mon frère cherchait un cadeau pour sa copine, grande fan de voyage. Il commence sur ChatGPT : « idée cadeau pour une fan de voyage ». L’IA propose un globe lumineux, une carte à gratter, un carnet personnalisé. Il retient le carnet.
Il enchaîne sur Google pour les prix, les avis, les délais. Puis il finit sur TikTok, où des créateurs montrent leurs designs et racontent pourquoi ils adorent le leur. Sur tout ce parcours, une marque revient plusieurs fois : Louise Carmen. C’est elle qu’il a choisie.
Ce n’est plus le clic sur un site qui fait vendre, c’est la présence constante et la réassurance tout au long du chemin. À cela s’ajoute le zéro clic : convertir 100 euros en dollars, connaître l’âge d’une chanteuse, savoir quand vacciner son chat, tout se règle dans la page de résultats. Près des deux tiers des recherches ne génèrent plus aucun trafic vers les sites. On peut être premier et ne rien récupérer.
Les signaux E-E-A-T pèsent plus lourd que les balises
Google et les IA ne se contentent plus d’analyser un site rapide et bien codé. Ils cherchent à comprendre qui tu es, si tu es crédible, si on peut te faire confiance. Ce sont les signaux E-E-A-T :
- Experience : as-tu une vraie expérience vécue du sujet ?
- Expertise : es-tu compétent, formé, reconnu ?
- Authoritativeness : es-tu cité, mentionné, recommandé ailleurs ?
- Trust : est-ce que les gens te font confiance ?
Justine Hutteau, fondatrice de Respire, en est l’illustration. À 24 ans, elle raconte sa tumeur au sein, probablement liée aux produits toxiques de ses déodorants. Ce récit l’a rendue référente sur le sujet. Tape « Respire cosmétiques » et tu ne vois pas seulement une marque, tu vois Justine : son histoire dans les extraits enrichis, ses interviews dans l’onglet actualités, ses vidéos dans les résultats.
Une présence personnelle forte fait comprendre à Google que tu es une entité, c’est-à-dire une chose singulière, unique, bien définie et distinguable. Comme les liens bleus que Wikipédia relie entre eux. Une fois l’entité comprise, tout s’enchaîne : extraits enrichis, Knowledge Graph, fiche d’établissement. Ces contenus personnels génèrent aussi des liens naturels et des mentions dans la presse, qui améliorent l’E-E-A-T à leur tour.
Ça ne veut pas dire devenir influenceur ni mettre sa vie privée en ligne. Il s’agit de construire une présence professionnelle forte et cohérente.
Une marque peut aussi se raconter à travers son produit
Si te mettre en avant ne te tente pas, parle de ton produit. Shanty Biscuits vend des biscuits personnalisés à offrir. Là où tous les biscuitiers parlent de recettes et d’ingrédients, la marque a pris le contrepied : des messages provocateurs, parfois un peu choquants, qui font rire et réagir. Sur Instagram, on suit la vie de la marque comme une série, avec un faux mariage de la créatrice transformé en événement marketing.
Leur trafic le dit mieux que n’importe quel argument. 63 % vient de recherches de marque, et l’essentiel se concentre sur la page d’accueil alors que le site se positionne sur plus de mille mots-clés. Leurs concurrents, à trafic comparable, plafonnent entre 0 et 20 % de trafic de marque.
La nouvelle équationNotoriété + émotion = autorité
Notion pousse la logique un cran plus loin. La plateforme est passée de simple alternative à Evernote à incontournable de la tech, en créant une économie de templates. Des milliers d’utilisateurs partagent leurs méthodes, leurs retours et leurs bonnes pratiques, organisent des workshops et des meetups physiques. Tout ce contenu communautaire se retrouve dans les résultats de recherche, et leur chaîne YouTube est devenue une source d’acquisition aussi importante que leur site.
C’est ça, le parcours multicanal et multimodal : plusieurs plateformes, plusieurs formats, et la même histoire racontée partout.
Le branding donne au SEO la puissance qui lui manque
L’ancienne manière de faire du SEO et la nouvelle ne s’opposent pas, elles sont liées. Le socle technique, contenu et popularité rend visible. Le branding appliqué partout rend mémorable.
Vice Versa l’a prouvé avec une campagne devenue virale en quelques jours : plus de 300 millions de vues sur Instagram, plus de 100 millions sur TikTok. Ce qui compte, c’est la traduction SEO de cette viralité. Des centaines de médias et de blogs spécialisés en ont parlé, ce qui a produit 272 liens entrants de sites à forte autorité en dix jours, et 429 mots-clés grimpés dans le top 20 en un mois. La créativité déclenche l’attention, le socle SEO la transforme en visibilité durable.
L’exercice qu’on a fait faire à la salle
Deux produits identiques, même prix, même qualité. Pourquoi choisir l’un plutôt que l’autre ? Pourquoi prendre un café chez Starbucks plutôt qu’au comptoir d’en bas, ou l’inverse ?
Ce qui oriente le choix, ce ne sont pas les caractéristiques techniques. C’est le ressenti, la perception, les signaux humains. Et Google intègre ces signaux.
Un sac orange vif à la sortie d’un magasin de maroquinerie, et tout le monde sait : Hermès. Une voiture rouge, Ferrari. Une semelle rouge, Louboutin. Ce sont des marques de luxe, d’accord, mais certaines campagnes de Coca-Cola ou de McDonald’s se reconnaissent sans logo, sans nom, sans slogan et sans photo du produit. Elles ont bâti un univers mental cohérent, avec une vision claire, des codes visuels répétés et une identité émotionnelle stable.
Pas besoin d’être une multinationale. Camille utilise tout le langage des vacances et du soleil dans sa communication, et on la reconnaît. Moi j’ai des couleurs et une mascotte, et on me reconnaît. Nos tee-shirts brandés ce jour-là n’étaient pas une panne de lessive.
Le modèle 5-3-1 fait vivre une idée sur plusieurs canaux
Le branding ne peut pas s’exprimer uniquement dans des pages web. Il doit exister partout où l’audience consomme de l’information :
- Google reste central, sans être suffisant.
- Instagram et TikTok indexent désormais leurs contenus, et les publications apparaissent dans les résultats.
- LinkedIn : carrousels et vidéos peuvent se classer dans Google quand ils sont optimisés.
- YouTube est à la fois un moteur de recherche et une source de signaux.
Le modèle5 idées · 3 formats · 1 système
Cinq idées fortes extraites d’un contenu, trois formats déclinés, un système cohérent qui relie tout. Un guide sur les dix erreurs SEO à éviter devient un carrousel LinkedIn, une vidéo Instagram, un article de blog détaillé et un épisode de podcast. À chaque point de contact, on retrouve la même voix, les mêmes codes, les mêmes preuves.
Cette multimodalité ouvre surtout la porte à de nouveaux contenus de conversion. Un post ou une vidéo ne captent pas un lead à eux seuls. Derrière, un lead magnet à forte valeur transforme un visiteur en contact traçable.
Le Cahier de vacances du SEO, cas d’école
Au départ, des contenus déjà publiés sur LinkedIn. Regroupés, enrichis et structurés, ils sont devenus un cahier ludique de 70 pages téléchargeable gratuitement.
Autour, une campagne complète : un lancement à toute la base email, des posts LinkedIn qui présentaient le cahier sous différents angles, et des exemplaires imprimés envoyés gratuitement par la poste, ce qui a beaucoup fait parler. L’opération s’est clôturée par un webinaire de rentrée. Trois mois d’activité, des milliers de téléchargements, des centaines de leads dans le CRM, et une autorité renforcée sur le sujet.
Un SEO qui se mesure jusqu’au CRM change les conversations en interne
Le SEO traditionnel s’arrêtait souvent au volume de trafic, au nombre de mots-clés et aux positions. La vraie question, ce n’est pas combien de personnes sont venues, mais ce qu’elles ont fait ensuite. Quatre mesures répondent à ça :
- le scroll profond, pour savoir si les visiteurs lisent jusqu’au bout ou s’arrêtent au premier paragraphe ;
- le nombre de leads entrés dans le CRM par contenu ;
- les leads captés hors du site : newsletter, réseaux sociaux, téléchargements de lead magnets ;
- le parcours complet, en connectant le tout à un CRM comme HubSpot, Brevo ou Pipedrive.
On ne présente plus « 10 000 visiteurs ce mois-ci », mais « 124 leads dont 17 ont pris rendez-vous, voici par quel contenu et par quel canal ». Ça ne sert pas à se rassurer. Ça permet de justifier ses actions devant un client, un boss ou une équipe, et de savoir où investir, combien, et sur quels canaux.
Le SEO n’a pas disparu, il s’est enrichi. Le mythe, c’est de croire qu’il se règle avec de la technique seule pendant que le marketing regarde ailleurs.
Les citations à retenir
« L’information n’est plus seulement recherchée, elle est vécue. »Nelly Kempf, Success Marketing
« Ce n’est plus le clic sur un site internet qui fait vendre. C’est la présence constante, la cohérence, la réassurance tout au long du chemin. »Nelly Kempf, Success Marketing
« Quand vous avez une forte présence personnelle, Google vous comprend comme une entité. »Nelly Kempf, Success Marketing
« Votre produit, c’est un moyen. Votre marque, c’est la vraie raison pour laquelle on vous achète. »Nelly Kempf, Success Marketing
« Le SEO n’a pas disparu. Il s’est enrichi. »Camille Dufossez, Success Marketing
Les sources citées
Les speakers
Camille Dufossez
Fondatrice de l’École du SEO, elle apprend aux entrepreneurs et aux équipes à pratiquer le référencement directement sur leur propre site. Elle a ouvert cette conférence sur les fondamentaux du SEO traditionnel.
Nelly Kempf
Consultante SEO, GEO et acquisition, fondatrice de Karavan Club. Elle a publié deux livres sur le référencement, dont « SEO : devenez incontournable sur le Web », écrit la newsletter La Dépêche du Search et transmet la méthode Next Gen SEO aux consultants.
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