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Miss SEO Girl reçoit Nelly Kempf : ce qui fait un contenu que Google et les lecteurs gardent

Alexandra Martin tient Miss SEO Girl depuis 2012 et interviewe les gens du métier depuis presque aussi longtemps. Quand elle m’a posé ses questions, je vivais encore au Mexique et je venais de sortir mon premier livre.

Le format est un questionnaire au long cours : le parcours, les outils, les mises à jour Google, la stratégie de contenu. J’y ai surtout défendu deux choses. Qu’une stratégie SEO démarre par la façon dont le client gagne de l’argent, et qu’un contenu qui ne fait que recompiler ce qui existe déjà n’a aucune raison d’exister.

En un coup d’œil
Format
Interview écrite
Événement
Miss SEO Girl
Sur scène le
mai 2024
Langue
Français
Lecture
7 min
Interview de Nelly Kempf sur le blog Miss SEO Girl
L’interview publiée sur Miss SEO Girl, le blog d’Alexandra Martin.

L’essentiel en 5 points

  • Une stratégie SEO commence par comprendre le marché du client et comment il gagne de l’argent, sinon elle tombe à côté.
  • L’intention de recherche est centrale. Quelqu’un qui cherche comment faire pousser des tomates en appartement sait déjà pourquoi il veut le faire.
  • Un contenu de qualité amène le lecteur d’un point A à un point B, et apporte quelque chose de neuf : une expérience vécue, un angle original.
  • Aussi long que nécessaire, aussi court que possible. Un sujet qui demande 5 000 mots les mérite, une requête qui se règle en 300 mots n’en réclame pas plus.
  • L’IA fait gagner du temps sur le résumé, la reformulation et la recherche d’angles. Un texte entièrement généré manque de profondeur et ne coche pas les critères E-E-A-T.

Le SEO est arrivé par mes propres entreprises, pas par une formation

J’ai étudié l’aménagement paysager, la gestion de projets européens et l’urbanisme. Rien qui mène au référencement. Puis je suis partie entreprendre au Mexique, où j’ai monté deux sociétés et construit leur marketing depuis zéro.

C’est là que j’ai découvert le SEO, en le pratiquant pour moi. Le Covid a mis un coup d’arrêt aux deux projets, alors je me suis formée sérieusement et j’ai enchaîné les tests avant de vendre mes premières prestations.

Ce qui me plaît dans ce métier tient en trois choses : apprendre en continu, avoir des journées qui ne se ressemblent pas, et découvrir des secteurs entiers à travers mes clients. Je suis nettement moins fan de la partie technique.

Une stratégie SEO démarre par la façon dont le client gagne de l’argent

Cinq principes structurent une stratégie qui produit des résultats :

  • Comprendre le marché du client et son modèle économique, pour éviter de bâtir une stratégie à côté de la plaque.
  • Ne pas enfermer le SEO dans Google, mais l’intégrer à une communication plus large, avec l’objectif de créer une marque visible partout sur Internet.
  • Se concentrer sur les contenus qui rapportent, plutôt que d’en produire pour faire joli.
  • Travailler tous les piliers sans en laisser un de côté.
  • Analyser les données et ajuster dès que nécessaire.

Côté technique, quatre chantiers reviennent systématiquement : un fichier robots.txt et un sitemap corrects, un site qui s’affiche correctement sur mobile, une arborescence logique et agréable pour l’usager, et des images optimisées.

L’intention de recherche décide de ce qu’on écrit, et de ce qu’on n’écrit pas

Sans compréhension de l’intention de recherche, un contenu ne performera jamais. Pour la cerner, je me mets à la place de l’internaute et je dissèque la page de résultats, en essayant d’anticiper ses évolutions. Ce dernier point n’est pas toujours simple.

Si la requête est « comment faire pousser des tomates en appartement », je ne commence pas l’article en expliquant pourquoi il faudrait faire pousser des tomates en appartement. Apparemment, la personne le sait déjà.

Les formats mis en avant dans la page de résultats donnent une autre indication. Si Google n’affiche que des vidéos et des images, il faut produire ce type de médias, pas un article de 2 000 mots.

Il faut aussi revérifier ces intentions régulièrement, parce qu’elles changent. Et quand le taux de clic est mauvais par rapport aux impressions, ce sont les balises title et les méta-descriptions qu’il faut retravailler avant le contenu.

Un contenu de qualité amène le lecteur d’un point A à un point B

Un bon contenu n’est pas rédigé pour les robots, il apporte réellement quelque chose au lecteur et le fait avancer au fil de sa lecture. Ajouter des paragraphes de définitions quand l’internaute cherche des étapes ne sert personne.

Surtout, il doit apporter du neuf plutôt que compiler ce qui existe déjà : une expérience personnelle, un angle original, un point de vue.

La forme compte autant que le fond. Je vois souvent des textes pertinents mais désagréables à lire. La rédaction web doit être fluide, illustrée et dynamique. Et pitié, pas de phrases de douze lignes.

Aussi long que nécessaire, aussi court que possible

Si un sujet demande 5 000 mots, il faut les écrire. Mais pas pour faire du remplissage : chaque phrase doit apporter quelque chose. Et si la requête se règle complètement en 300 mots, inutile d’en faire plus.

Le SEO reste une compétition, donc il faut regarder ce que produisent les concurrents. Sur un sujet de niche où personne ne publie régulièrement, s’acharner à sortir dix contenus par semaine n’a aucun sens.

La sobriété éditoriale bat la course à la quantité

Créer du contenu juste pour couvrir des mots-clés n’a pas beaucoup de sens. Je préfère faire moins, sur des requêtes bien ciblées, avec de l’information solide.

D’autres leviers mettent le contenu en valeur sans produire davantage : mettre à jour les articles déjà en ligne, optimiser le maillage interne, retravailler les pages qui se positionnent sur des expressions qu’on ne visait pas au départ.

Le choix des mots-clés suit la même logique. Il ne faut pas se concentrer uniquement sur le fort volume : des requêtes affichées à zéro sont parfois des pépites, et ce sont souvent celles qui construisent des ponts vers la conversion.

L’IA est un bon assistant de rédaction et un mauvais rédacteur

Je m’en sers tous les jours pour résumer, reformuler et trouver de nouveaux angles. Jamais pour rédiger un texte de A à Z.

Un texte entièrement généré ne coche pas les critères E-E-A-T, parce que ce n’est qu’une recompilation de contenus existants, sans profondeur. Une IA ne produit pas de retour d’expérience et n’invente rien. Ça peut fonctionner sur des fiches produits ou des définitions ; sur le reste, il faut de l’humain.

La qualité et l’humanisation des contenus font la différence avec l’IA. Sans elles, il ne restera que des copies de textes identiques partout sur Internet.

C’est aussi pour ça que faire du contenu de qualité ne suffit plus : il faut démontrer son expertise et rendre le site légitime aux yeux de Google sur son sujet, encore plus sur les thématiques sensibles. Faire intervenir des experts, couvrir un sujet en entier, publier des études de cas, s’appuyer sur des sources fiables et rester transparent servent tous cet objectif.

Le SEO des années 2000 est mort, celui d’aujourd’hui fait partie d’un marketing 360

Le SEO est mort, vive le SEO. Le domaine se renouvelle en permanence, donc celui des années 2000 est bien mort. Ce qui l’a remplacé est beaucoup plus global.

Il devient de plus en plus transversal et de moins en moins isolé, parce qu’il n’est qu’un levier d’acquisition parmi d’autres. Ça se voit directement dans les pages de résultats, où les médias, les réseaux sociaux et les forums prennent de plus en plus de place. Une stratégie SEO doit en tenir compte.

La transversalité vaut aussi pour le contenu. Une marque présente uniquement sur son site aura beaucoup moins de visibilité qu’une marque qui développe une vraie présence multicanale, avec de la vidéo et des réseaux sociaux. Ça sert son autorité en même temps que sa visibilité.

Quant à l’avenir de la rédaction web, ma prévision de l’époque tient toujours : moins de contenu, mais de meilleure qualité, avec des interventions d’experts et des articles fouillés. Et pour les intentions précises, de l’information qui va droit au but.

Les citations à retenir

« Sans une bonne compréhension de l’intention de recherche, le contenu ne performera jamais. Pour moi, c’est central. »Nelly Kempf, Miss SEO Girl
« Le contenu doit apporter quelque chose de nouveau et ne pas seulement être une compilation de ce qui existe déjà. »Nelly Kempf, Miss SEO Girl
« L’idéal, c’est aussi long que nécessaire et aussi court que possible. »Nelly Kempf, Miss SEO Girl
« Le SEO est mort, vive le SEO. Celui des années 2000 est mort et bien mort, mais il a fait place à une approche beaucoup plus globale. »Nelly Kempf, Miss SEO Girl

Les sources citées

L’hôte et l’invitée

Alexandra Martin

Alexandra Martin

Alexandra Martin tient le blog Miss SEO Girl depuis 2012, où elle interviewe les professionnels du référencement et de la rédaction web. Elle est co-autrice des livres « Techniques de référencement web » et « Stratégie de contenu e-commerce ».

Nelly Kempf

Nelly Kempf

Consultante SEO, GEO et acquisition, fondatrice de Karavan Club. Elle a publié deux livres sur le référencement, écrit la newsletter La Dépêche du Search et transmet la méthode Next Gen SEO aux consultants.

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